Améliorer l’équilibre grâce à l’épaule en dedans ?

Maintenant que nous avons éclairci qu’est-ce que l’épaule en dedans, et comment l’obtenir, je vous propose d’aller plus loin ! D’identifier à quoi elle sert (assouplir, muscler, engager ?), et comment on juge une bonne épaule en dedans (équilibre, incurvation, impulsion ?) …

« Le mouvement de deux pistes le plus important est, sans aucun doute, l’épaule en dedans. Cet exercice ,ne constitue pas seulement la base indispensable aux autres pas de côté, mais il est encore d’importance décisive pour la rectitude du cheval. » Aloïs Podhajky

Avant d’aller plus loin, n’hésitez à découvrir ou redécouvrir le précédent article ! [clic]

Qu’est ce qu’une bonne épaule en dedans ?

Comme pour beaucoup d’exercice en équitation, il n’est pas toujours évident de juger de la qualité de la réalisation. Comprendre la définition ne suffit pas toujours.
Voici 4 clés qui vous aideront à y voir plus clair quand vous demandez une épaule en dedans à votre cheval :

Impulsion

L’impulsion est le désir du cheval à se porter en avant.
Le cheval qui débute dans l’épaule en dedans a besoin de prendre son temps pour donner un geste correct. Il est donc très bénéfique de le laisser ralentir pendant cet exécution. A condition seulement, que cela ne résulte pas d’une baisse de l’impulsion !
Vérifiez qu’à tout instant, votre cheval soit disponible et volontaire pour se porter dans l’allure supérieur par exemple.

L’impulsion ne doit pas non plus être confondu avec la précipitation ! Si vous demandez davantage de vitesse à un cheval dont la souplesse ne lui permet pas d’exécuter l’exercice de cette façon, vous risquez surtout d’altérer l’équilibre !

ÉQUILIBRE et INCURVATION

Le cheval doit être en équilibre entre son avant main et son arrière main d’une part. Plus le cheval avancera dans le travail et plus il parviendra à alléger son avant main, en reportant son poids sur ses postérieurs. Pour une bonne réalisation de l’épaule en dedans, il est donc important de veiller à ne pas le laisser glisser dans son équilibre (sur son épaule extérieure notamment).

D’autre part, il doit trouver son équilibre entre son côté droit et son côté gauche. Pour faire simple, le cheval ne doit pas se pencher à l’intérieure de sa courbe !
Pour juger de l’équilibre latéral, observer l’incurvation du cheval qui doit rester la même tout au long du travail (attention au pli exagéré !)
Vous pouvez aussi sortir de l’épaule en dedans par une volte : si le cheval n’est pas en équilibre sur cette volte, il n’y était probablement pas non plus dans son épaule en dedans …
Le deuxième observable de l’équilibre, en plus de l’incurvation, est la légèreté.

LÉGÈRETÉ et DÉCONTRACTION

Est-ce que le cheval (et le cavalier) est léger à la main et à la jambe ? Le cavalier peut-il obtenir la descente des aides sans altérer le mouvement ?
La mâchoire du cheval est décontractée ? Et l’ensemble de son corps ?
Ce sont des observables de chaque instant !

Si le cavalier est plus fatigué que son cheval après une épaule en dedans ; S’il a mal aux bras ou aux jambes ; S’il ne peut pas monter sans gants sans avoir mal aux doigts ; etc. C’est qu’il y a probablement un petit problème de légèreté qui s’est glissé dans son équitation …

FLUIDITÉ

Deux points peuvent altérer la fluidité : un manque de tact du cavalier, ou un manque de capacité du cheval.

Si le cavalier manque de tact parce qu’il ne cède ou ne demande pas aux bons moments, ou parce qu’il n’agit pas à propos, le mouvement saccadé. On passe de trop à pas assez d’angle, de trop vite à trop lent, etc. C’est l’entraînement qui résoudra ces soucis.

Un manque de capacité du cheval peut être dû à un défaut de souplesse, à sa dissymétrie, à ses blocages, à ses tensions, etc. En fonction de l’origine du problème, il gagnera en fluidité à mesure qu’il gagnera en souplesse et en musculature.
Certains chevaux dont le corps est trop abîmé ne parviendront jamais à trouver cette fluidité parfaite. Il est important de veiller à d’adapter vos exigences à leurs capacités !

Aiguisez votre regard

L’ensemble de ces critères réunis vous donne une épaule en dedans parfaite. Chacun d’eux à son importance, et l’un ne découle pas sans l’autre. Un défaut sur l’un de ces 4 points entraîne forcément un défaut chez ses voisins !
Et c’est pour cela qu’il est important d’entraîner votre « œil de cavalier » à juger :
– l’impulsion,
– l’équilibre et l’incurvation,
– la légèreté et la décontraction,
– et la fluidité !

Nb : Ces critères de jugement sont valables pour presque 100% du travail gymnastique que vous exécutez avec votre cheval … 😉

Pourquoi faire des épaules en dedans ?

Les recherches en biomécanique équine continue d’avancer et de nous aider à mieux comprendre le fonctionnement des chevaux. Mais depuis l’époque de la Guérinière (dont on dit qu’il est le père de cet exercice), on utilise l’épaule en dedans pour favoriser l’engagement du postérieur intérieur sous la masse.

En demandant au postérieur intérieur de venir sous le centre de gravité, on le fait porter davantage de poids. De cette façon, on libère les épaules.
La légèreté et l’équilibre du cheval s’en trouvent améliorer !
C’est notamment dans les allongements, les départs au galop et à l’obstacle que l’on percevra le mieux ces nouvelles qualités.

Cet exercice permet aussi d’améliorer la souplesse du cheval dans les mouvements d’adduction et d’abduction. Cette nouvelle élasticité lui sera bien utile pour parvenir à réaliser tout les autres exercices plus exigeant physiquement.

Enfin, j’aime particulièrement l’épaule en dedans parce qu’elle est exigeante sur un postérieur à la fois. Ce qui laisse le temps au cheval de trouver son geste juste, et surtout de travailler sur sa dissymétrie. Ainsi, en travaillant les pas de côté, vous améliorez la rectitude de votre cheval !

Pour aller plus loin …

L’épaule en dedans est un outil clé pour tout cavalier qui souhaite gymnastiquer son cheval. Il lui apportera plus de confort et de bien-être au travail, mais surtout dans son corps !
(Je ne le répéterai jamais assez : ma plus belle récompense n’est pas d’exécuter des mouvements compliqués dans une carrière ! C’est de voir, en liberté au champs, mon cheval réalisez des gestes qu’il n’avait jamais fait auparavant !)

Mais pour cela, il faut prendre le temps d’être exigeant sur la qualité de la réalisation. Et laissez libre cours à son imagination, pour ne pas blaser le cheval dans des heures d’épaule en dedans sur la piste !

Deux conseils donc, pour finir : Osez ! et faites vous accompagner !

Sarah

Ps : vous aurez remarquez que je manque toujours de photos de cet exercice pourtant indispensable … Mais j’ai du mal à être pleinement concentré sur mon rôle d’enseignante pour penser régulièrement à prendre un rôle de photographe. Vivement les prochains stages à l’extérieur pour que les auditeurs s’emparent de cette mission ! 😀

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