Le ramener ne se demande pas, il se reçoit

Ramener, placé, mise en main, mise sur la main, etc … Ô combien de termes équestre pour qualifier la seule position de la tête du cheval.
Et pourtant, je suis persuadée d’une chose : on ne choisit pas la place de la tête de son cheval ! On propose et on reçoit ! Rien de plus !
Accordons donc quelques lignes à cette éternel quête du ramener, pour tenter d’y voir un peu plus clair !

« Ainsi, en équitation savante, ce que le ramener représente, c’est bien moins une direction invariable de la tête qu’un état général de soumission des ressorts. » Général l’Hotte

Pour explorer ce sujet, je vais reprendre l’exemple de Vainqueur et de Marion : parce que je les aime beaucoup d’une part, mais aussi parce que les photos sont parlantes (et parce que j’ai des photos ! C’est l’avantage des weekends de stage, il y a toujours du public pour immortaliser 🙂 )

Pour découvrir ou redécouvrir, la première rencontre, avec Vainqueur et Marion, un an auparavant [CLIC].

Après un an de travail dans le bon sens …

Pendant un an, Marion et Vainqueur ont magnifiquement travaillé. Et cela ne se reflète pas uniquement dans le physique, mais aussi (voir surtout) dans le mental de Vainqueur !
Vainqueur, l’hyper émotif, timide, inquiets et les oreilles constamment en arrière (en haut), est devenu un guerrier, vaillant volontaire et les oreilles pointées en avant (en bas) !
(Dans les deux cas, les photos sont prises pendant la détente)

Il portera toujours des séquelles de sa hanche abîmée, mais dès lors qu’il est capable de travailler dans la décontraction, on peut alors commencer à lui demander de « devenir aussi brillant que le comporte son ensemble » (« il faut qu’on puisse, à volonté, l’asseoir, grandir ses mouvements et relever ses allures » Beudant)

A noter que dans cette phrase -« aussi brillant que le comporte son ensemble »- on perçoit déjà une chose importante : on va chercher à obtenir le meilleur du cheval ! De ses capacités à lui ! Et c’est pour cela, que cette équitation est accessible à tout les chevaux ! Parce que l’on ne va pas demander à un Cob normand de devenir un PRE ; on va lui demander d’être aussi brillant que peut l’être un Cob normand ! Mais je m’égare … Revenons à notre ramener …

Pour cela, il va donc falloir lui demander de s’assouplir, de se fléchir, d’engager les postérieurs, par le biais du travail de 2 pistes notamment.

Donc on proposera l’épaule en dedans par exemple, en veillant :
1. A la décontraction
2. A la qualité d’exécution
3. Au ramener N’exigez surtout rien dans l’ouverture de l’angle tête encolure !

Surtout la décontraction !
Premières demande d’épaule en dedans : la position de la tête reflète les résistances des ressorts

La souplesse est par définition la facilité, l’habilité à se plier aux circonstances, à s’adapter.

La décontraction se doit d’être physique, et psychique.

Le cheval qui refuse le travail par opposition comme par résignation, ne peut être brillant.

Le cheval qui refuse le travail par douleurs ou blocages physiques a besoin de repos, de soins ou de travail dans la décontraction.

Imaginons que je vous propose comme exercice de venir toucher vos pointes de pieds en étant debout jambes tendues :
Lors de votre première exécution, vous vous arrêterez peut-être à hauteur des genoux.
Soit :

  1. Je vous appuie sur la tête pour qu’elle descende davantage. Peut-être aura t-on réussi à aller jusque vos orteils, mais vous aurez ressenti de violentes douleurs, et probablement fléchis les genoux pour pouvoir les fuir !
  2. OU on arrête là ! On prend le temps de remonter, de respirer, de s’étirer, et on recommence tranquillement. Et vous aurez peut-être gagné 1 ou 2 cm par rapport à la première fois ! Gagné en souplesse et gagné en décontraction !
C’est exactement la même chose dans le travail de votre cheval !
Puis, les ressorts se déverrouillent, et alors le cheval commence à entrer dans son mouvement et dans son ramener, dans la décontraction …

A force de veiller à la décontraction dans les exercices que vous lui proposez, vous pourrez être de plus en plus exigeant sur la qualité d’exécution !

Alors vous serez exigeant sur l’engagement des postérieurs, sur l’impulsion, sur la légèreté et sur l’équilibre, et votre cheval viendra se placer exactement là où il doit se placer !
Et son ramener n’en sera que plus beau car parfaitement juste !

Parfaitement juste parce qu’il sera le ramener que CE cheval est capable de vous donner.
Peut être sera t-il parfaitement verticale, peut être sera t-il en avant de la verticale, peut-être la nuque sera haute, peut-être que l’encolure sera horizontale … Dans tout les cas, ce sera exactement la position que le cheval aurait pris seul pour obtenir ce mouvement ! Et c’est pour cela qu’il est le meilleur ramener que vous pouvez attendre !

Oubliez de demander le ramener …

Demandez le ramener avant la décontraction, et vous encapuchonnerez.
(L’équivalent des genoux qui se plie dans mon exemple précédent …)

Demandez le ramener malgré les résistances des ressorts, et vous créerez des compensations.
(Cheval qui s’enfuit en surchargeant son épaule extérieure par exemple …)

Le ramener ne se demande pas, il se reçoit !

Rendez-vous pris les 19&20 octobre 2019, avec Vainqueur et Marion, pour la suite de cette belle progression …

Sarah

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