Le tord-nez : la douleur qui fait du bien aux chevaux ?

Ce que j’aurai aimé savoir plus tôt – Jour 10 du Calendrier de l’Avent
Où nous nous intéressons au grand talent du monde équestre : se raconter des mensonges pour ne rien changer …

Le tord-nez pour les chevaux : bonne ou mauvaise idée ?

Qu’est-ce qu’un tord-nez ?

Le tord-nez est un bâton au bout duquel est fixée une lanière de cuir, une corde ou une chaînette.
On s’en sert pour immobiliser les chevaux en serrant la lèvre supérieure.

Il est utilisé dans des cas d’extrêmes urgences, pour permettre au vétérinaire d’agir en sécurité, ainsi que dans des situations « du quotidien », comme un cheval qui refuse d’être tondu …

Certains l’utilise en le serrant autour d’une oreille quand il a été inefficace sur la lèvre … (Nous discuterons ensuite de l’utilisation « normale » du tord-nez, mais pour cette utilisation indiscutablement : c’est non ! C’est extrêmement dangereux pour les cartilages de l’oreille …)

Comment fonctionne le tord-nez ?

C’est là qu’on rentre dans le débat …
Les études sont peu nombreuses sur l’impact du tord-nez sur le cheval. On peut lire notament ceci :

« Le mécanisme d’action du tord-nez est controversé. D’une part, le tord-nez est considéré comme un moyen de contention dérivatif et dissuasif. L’inconfort lié à son application permet de détourner l’attention du cheval des examens en cours, tout en le décourageant de faire des mouvements qui pourraient augmenter la douleur ressentie au niveau de sa lèvre supérieur. D’autre part, l’application du tord-nez semble avoir des propriétés analgésiques centrales liées à la libération d’endorphines et d’enképhalines par stimulation des mécanorécepteurs situés sir la lèvre supérieure. »
L’abord du cheval : contention physique et dressage, Antigonie Karageorgis

Cet effet peut-être analgésique ne dépasserait pas les 5 minutes d’utilisation. Après, le stress empirerait, en plus des risques liés au manque de vascularisation de la lèvre …
(Cf. Tord-nez, tord-oreille : comment ces techniques agissent sur les chevaux ? par Christine Briant)

Le monde du cheval est très doué pour justifier ses maltraitances …

Pourquoi un article sur le tord-nez aujourd’hui ?
Parce que comme beaucoup d’autres outils inventés pour l’équitation, les hommes de cheval se répète de générations en générations des croyances pour justifier leur maltraitance.

Tout comme on a répété que les poissons étaient très heureux dans un bocal parce qu’il n’ont pas de mémoire, on se répète que le tord-nez est un outil formidable parce qu’il permettrait au cheval de produire ses propres hormones pour se soulager de la douleur.

En réalité, on se voile la face pour conserver notre posture de dominant qui veut garder le contrôle quoi qu’il en coûte !

Même en admettant un effet bénéfique du tord-nez, on ne peut plus aujourd’hui prétendre qu’il n’a pas aussi (surtout ?) un effet douloureux.
Dans cette étude par exemple, il se servent carrément du tord-nez pour induire une douleur, pour tester un appareil qui mesure la douleur …)

Alors qu’il soit utilisé dans le cas d’une urgence vitale pour laquelle la sécurité du cheval et de ces soignants est en jeu : je ne le remet pas en question ! Dans une situation d’urgence, il y a des priorités absolu, et la sécurité en est une sur le confort.

Mais dans le quotidien à l’écurie, quand le tord-nez remplace l’écoute du cheval ou l’éducation, n’est-ce pas purement de la maltraitance ?

  • Votre cheval n’aime pas les piqûres ? Pourquoi attendre le vaccin 1 fois par an pour vous en inquiéter ? Le medical training par exemple, vous permettra de réhabituer votre cheval à ce geste de soin simple (ça marche avec les lions, ça marchera avec votre cheval )
  • Votre cheval refuse la tonte ? Pareil, il existe des méthodes respectueuses de son intégrité physique pour l’habituer. Sinon, arrêtez simplement de le tondre.
  • Etc, etc, etc.

Là où je veux en venir, c’est que dans la majorité des cas où je les vus utilisé, le tord-nez n’aurait pas dû être nécessaire si on avait pris le temps d’écouter et d’éduquer le cheval.
En cherchant de la documentation pour écrire cet article, j’ai lu des apologies du tord-nez ! Tellement bénéfique et agréable qu’on serait à deux doigts de l’utiliser juste pour le plaisir !

C’est une spécialité dans le monde équestre, de survendre les potentiels bénéfices d’un outil, pour en cacher la réalité douloureuse et justifier un déni de manque de compétences …

Mon invitation aujourd’hui, est de vous questionner sur les affirmations à propos d’outils ou de méthode qui prétendent que « ça ne lui fait pas mal quand on l’utilise bien » … Surtout si ce que vous observez dans les yeux du cheval semble vous criez le contraire …

A demain,
Sarah

Réponse

  1. Avatar de Pascaline

    merci de remettre en question l’utilisation de cet engin de torture. Même s’il a son « utilité » dans les cas d’urgence, il ne devrait même plus être envisagé.
    Est-ce qu’on utilise de telles pratiques pour immobiliser un chien ou un chat ? Ou même un animal en zoo : lui faire plus de douleur pour qu’il oublie l’autre douleur !?! Absurde et cruel ! Cette pratique ne devrait plus exister.

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