Comme beaucoup, j’ai appris l’équitation en centre équestre. Je garde de très bons souvenirs de ces années de club (dans le premier, pour les suivants, c’était moins agréable …), elles ont aussi participé à faire de moi la cavalière et l’enseignante que je suis aujourd’hui.
Pour autant, il y a des choses que j’aurai aimé savoir bien plus tôt, que j’aurai aimé apprendre en club plutôt que des années plus tard par mes propres moyens …
En voici une petite liste :
- Etre fière de tenir en selle sur un cheval qui dégage tout ses cavaliers, ce n’est pas aimer les chevaux
- Un pansage long n’est pas forcément un pansage agréable pour le cheval
- Le cheval qui mord au sanglage n’a pas de problème d’éducation
- Le manque d’impulsion du cheval est un signe d’inconfort (que ne résout pas la cravache… )
- Avoir systématiquement besoin de gants pour monter à cheval n’est pas bon signe
- La mise en main du cheval ne vient pas par la main
- L’équitation est compliqué à pratiquer, pas à comprendre
- Les gâteaux ne suffisent pas à guérir des traumatismes (et tomber 100 fois ne fait pas de toi un bon cavalier)
1. Etre fière de tenir en selle sur un cheval qui dégage tout ses cavaliers, ce n’est pas aimer les chevaux
Ok, j’attaque fort ! Mais je crois que c’est ce qui définirai le mieux la cavalière que j’étais : j’étais celle qui remontait aussitôt tomber, avec une arrière pensée de vengeance. J’étais celle avec qui on échangeait de cheval en cours de séance pour me refourguer les chevaux difficiles. J’étais celle qui se sentais fière de monter les « immontables ».
Aujourd’hui, quand je vois un cheval dangereux, qui saute en l’air, qui refuse tout les obstacles, etc. je vois un cheval en souffrance. Aujourd’hui, je ne peux me sentir fière de contraindre un cheval à la résignation pour flatter mon égo de cavalière …
Alors j’aurai aimé que la cavalière que j’étais apprenne à être fière de descendre d’un cheval qui dit « stop », pour lui redonner du confort plutôt que de jouer les cowboys intrépides …
2. Un pansage long n’est pas forcément un pansage agréable pour le cheval
J’étais dans l’équipe de celles qui arrivent très en avance au cours d’équitation pour pouvoir brosser très longuement mon poney : et je pense qu’un paquet de poneys en avait ras le bol de nous voir. Parce que sur toute la durée du pansage, le temps consacré à la zone qui fait vraiment kiffer le cheval était restreint par rapport au temps à démêler les crins, graisser les pieds, etc.
En résumé, quelques instants de grattouilles un peu agréables contre de longues minutes de soins interminables voir inconfortables …
Maintenant, c’est plutôt le contraire : un gros pourcentage de gratouilles plaisirs contre quelques instants de brossage efficace ! et qu’importe si le cheval n’est pas luisant de propreté à la fin !
3. Le cheval qui mord au sanglage n’a pas de problème d’éducation
Attacher plus court pour tenir les dents loin, se mettre à deux : un qui sangle et un qui tient la tête ; attendre d’être en selle pour que le cheval ne trouve qu’une botte en plastique pour s’exprimer, et bien sûr, distribuer des claques dans le bon timing : j’aurai préféré apprendre qu’un cheval qui mord au sanglage (ou à n’importe quel autre moment !) exprime sa douleur, plutôt que d’apprendre toutes les stratégies pour ne pas l’écouter …
4. Le manque d’impulsion du cheval est un signe d’inconfort (que ne résout pas la cravache… )
Combien de coup de cravache ai-je distribuer pendant mon enfance ? Je n’ose imaginer le chiffre !
Cette violence complètement banalisée se cachait derrière des dizaines d’excuses …
Au point même de me sentir nue quand j’oubliais ma cravache !

Aujourd’hui, je suis persuadé que la violence n’est pas une solution d’éducation.
Et en même temps, je sais que le manque d’impulsion est souvent synonyme de douleur … Alors je recherche la cause de la douleur, plutôt que d’essayer à nouveau de la cacher sous des idées de domination …
(Ps : le manque d’impulsion peut aussi être dû à un manque de clarté dans la communication du cavalier, ou à un manque d’intérêt pour ce qui est proposé au cheval : dans tout les cas, la violence n’est toujours pas la solution que je souhaite choisir)
5. Avoir systématiquement besoin de gants pour monter à cheval n’est pas bon signe
Je ne montais jamais sans une paire de gants, et je l’expliquais en disant : « J’ai moins mal aux mains donc je suis plus douce dans mes mains ».
Dans le fond, je crois que je rendais concrète l’expression « une main de fer dans un gant de velours » …
Aujourd’hui, en tant que cavalière et en tant qu’enseignante, je crois que nous ne devrions pas prendre du contact sur les rênes avant de pouvoir évoluer sereinement aux trois allures.
Et spoiler : quand nous sommes légers rênes longues, alors nous pouvons réajuster nos rênes en légèreté; et nous n’avons plus mal aux mains (et donc notre cheval n’a plus mal dans la bouche …)
6. La mise en main du cheval ne vient pas par la main
J’avais des photos dont j’étais très fière (qui sont encore surement chez mes parents) de divers chevaux que je montais, qui avait le chanfrein à la verticale. Quelle classe !
J’étais tellement fière, que j’ai encore parfaitement en tête ces clichés : et sur chacun d’eux, le cheval à la bouche ouverte, les oreilles en arrière, les naseaux pincés. Bref, tout les signes fasciaux d’inconfort !
Parce que ces « mises en main » n’était que du bricolage dans la bouche …
Aujourd’hui, je recherche le mouvement et l’action des postérieurs qui amène le cheval à « se placer » de lui-même, en toute décontraction et sans mors …
7. L’équitation est compliqué à pratiquer, pas à comprendre
Mon objectif d’enseignante est que chaque cavalier comprenne pourquoi il a agi de telle manière à tel instant : parce que cela me semble véitablement important.
Et j’observe que beaucoup d’enseignants se satisfont que leurs élèves ne comprennent pas, parce que cela leur évite de justifier des pratiques douteuses …
Pourquoi baisser les talons ? Pourquoi reculer la jambe extérieur pour galoper ? Pourquoi trotter sur « le bon pied » ?
Je souhaiterai que les réponses ne soient jamais « Parce qu’on m’a dit de faire comme ça »
Mais que chacun puisse pratiquer son équitation en conscience et en connaissances …
8. Les gâteaux ne suffisent pas à guérir des traumatismes (et tomber 100 fois ne fait pas de toi un bon cavalier)
Après avoir progressé dans ma connaissance et ma compréhension des émotions, je crois qu’il n’est au service de personne de dédramatiser les chutes à base de gâteaux.
Je crois aussi que la chute ne devrait pas être normaliser.
Au contraire, prendre le temps d’écouter ce qui se vit pour éviter les peurs qui s’ancrent et pourrissent la vie d’adultes qui n’osent plus …
Cela n’empêche pas de se faire de chouettes goûter pour le plaisir !
Ps : J’aimerai aussi que l’on arrête de s’obliger à remonter après une chute ! Ce n’est pas toujours une bonne façon de vivre ses émotions et cela peut-être dangereux dans le cas de traumatismes physiques invisibles …
Et vous, qu’aimeriez vous avoir appris au début de votre vie cavalière ?
Que savez vous aujourd’hui que vous auriez aimé apprendre au centre équestre durant vos premières années d’équitation ?
Et laquelle des leçons de cette liste venait vous de découvrir en lisant cet article ?
Ps : si vous avez besoin d’un accompagnement personnalisé pour approfondir un de ces points, pensez à me contacter 😉

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