J’observe souvent deux comportements chez les cavalier·es :
– La déresponsabilisation : « Mon cheval est trop comme ceci ou pas assez comme cela, mon cheval fait ci ou ça, etc. »
– la culpabilité : « Je sais que c’est de ma faute, mais je ne sais pas comment faire »
Pour dépasser les limites induites par ces deux options, je vous propose une piste de réflexion : Sommes nous ce que nous exigeons de nos chevaux ?
« Sois le changement que tu veux voir dans le monde » Gandhi
Du point de vue du physique du cheval et de l’humain.e …
- Endurance :
Est-ce que je suis capable de faire une randonnée à pied d’une journée ?
Est-ce que je suis capable de tenir un effort intense (type course rapide) pendant 1 à 10 minute ? (Cso, cross)
Est-ce que je suis capable de me tenir tonique en restant souple dans un enchainement de danses variés pendant 10 minutes ? (Dressage)
Si ce n’est pas le cas, alors est-ce que je ne rend pas le travail de mon cheval plus difficile parce que sa charge de travail augmente avec ma fatigue ? - Equilibre :
Est-ce que mon équilibre est correct quand je me tiens sur un pied ou sur un objet en mouvement ?
Est-ce que mon équilibre verticale en selle me permet de soulager l’avant-main ou l’arrière main en fonction des besoins ?
Est-ce que je suis légère pour me mettre en suspension ou me rasseoir dans ma selle ?
Si ce n’est pas le cas, alors est-ce que je ne rend pas l’équilibre de mon cheval plus précaire et plus difficile à améliorer ? - Tonus et engagement :
Est-ce que j’engage mes fessiers à chaque fois que je demande à mon cheval d’engager ses postérieurs ?
Est-ce que je me tiens, me redresse et me grandis en parvenant à rester souple, légère et décontractée ?
Si ce n’est pas le cas, alors est-ce que je ne surcharge pas mon cheval de mon manque d’engagement physique ?
Sur le plan émotionnel du cheval et de l’humain.e …
- Peur :
Est-ce que je suis sereine et décontractée en toute circonstance ?
Est-ce que je suis au fond de moi, morte de trouille à chaque fois que je mets le pieds à l’étrier ?
Est-ce que j’ai la boule au ventre au moindre truc qui bouge en extérieur ?
Si ce n’est pas le cas, comment mon cheval peut-il se rassurer si nous partageons les mêmes peurs ? - Colère :
Est-ce que j’exprime mon besoin derrière ma colère calmement, clairement et sans violence ?
Est-ce que j’exprime ma douleur, mon besoin de respect ou d’espace sans agressivité ?
Si ce n’est pas le cas, est-ce que le cadre que j’offre à mon cheval lui permet d’être serein et de s’exprimer sans brutalité ?
Sur le plan relationnel entre l’humain.e et le cheval …
- Confiance :
Est- ce que j’ai pleinement confiance en mon cheval, à pied ou monté ?
Est-ce que je m’inquiète à chaque mouvement ? Est-ce que je m’accroche dès qu’il bouge une oreille ?
Si je ne lui accorde pas ma confiance, puis-je attendre de mon cheval qu’il m’accorde la sienne ? - Ecoute :
Est-ce que j’accepte ses « non » et « stop » ?
Est-ce que je suis à l’écoute de tout ces besoins ?
Si je ne lui accorde pas mon écoute, puis-je attendre de mon cheval qu’il m’accorde la sienne ? - Attention :
Est-ce que je suis focus tout au long de la séance, ou est-ce que je discute avec les spectateurs au bord de la carrière, ou est-ce que je prend mon téléphone pour répondre à un message pas si urgent ?
Est-ce que je sais toujours ce que j’attends, ou est-ce que ma concentration est limitée à un objectif vague ?
Si je ne lui accorde pas pleinement mon attention, puis-je attendre de mon cheval qu’il m’accorde la sienne ?
Est-ce que ça veut dire qu’il faut complètement abandonnée l’équitation et la relation avec les chevaux ?

Cette liste est bien sûr non exhaustive, parce que j’aimerai qu’elle ait seulement valeur d’exemple.
J’aimerai que chaque humain.e se pose la question de son propre engagement dans le travail, de son propre fonctionnement avant d’exiger quoi que ce soit d’un cheval …
L’enjeu ici n’est certainement pas de tout abandonner et de tout arrêter parce que nous ne serions pas à la hauteur de nos exigences !
Au contraire !
Mon objectif est avant tout que chacun prenne ses responsabilités :
J’observe que j’exige de mon cheval des efforts que je ne fourni pas moi même.
> Je met en place un changement dans mon fonctionnement, dans mes habitudes pour replacer mes efforts à hauteur de mes exigences (Faire du sport en dehors de l’équitation, cheminer dans ma relation à mes émotions, etc.)
ou
> J’accepte que mes efforts ne soient pas à la hauteur de mes exigences et j’accepte que mon cheval ne fournisse pas des efforts à la hauteur de mes exigences.
Les deux choix sont ok à partir du moment où je me sens alignée avec mes valeurs et mes besoins !
La base d’une nouvelle relation humain-cheval
Bien sûr, tout cela, le cheval ne le calcule pas : à aucun moment, il ne réfléchit « Elle a été gentille, je vais l’être avec elle » !
(Tout comme il ne réfléchit pas « c’est elle qui paie ma bouffe, alors je vais faire un effort » …)
Mais pour moi, ce changement de point de vue, en prenant en compte l’engagement de l’humain dans la relation humain/cheval, nous permet de créer une nouvelle relation.
C’est, pour moi, la base nécessaire pour sortir de l’idée de dominance : « mon cheval me doit le respect, l’effort, le résultat ».
La base pour créer une relation d’écoute et d’entraide où chacun progresse mutuellement sur sa route !
En tout cas, c’est le choix que j’ai fait dans ma relation avec mes chevaux.
Et c’est le choix que j’ai fait dans mon accompagnement des humains : travailler là où nous avons du pouvoir = travailler sur nous même.
Et aujourd’hui, mes résultats tendent quotidiennement à renforcer ma croyance que ce travail de responsabilisation de l’humain est bénéfique pour les chevaux, pour les humains et pour la relation humain/cheval !
Pour aller plus loin vers une relation humain-cheval sereine et un peu magique …
Dites moi en commentaire, ce que ces mots font naître en vous ?
Et si ces mots résonnent pour vous, et que vous avez besoin de vous sentir accompagné dans cette recherche, vous pouvez toujours me contacter ici [clic]
Sarah

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