Les chevaux pour modéliser la peur ?

La peur est une croyance, basée sur un événement passé, vécu ou non.
Elle fait partie de l’éventail de croyance qui dessine notre réalité et qui nous permet de faire des choix.
La peur est souvent perçue comme irrationnelle et engendre dans le corps des réactions inconscientes qui peuvent être handicapantes.

Comment avancer avec nos peurs les plus paralysantes ?

Comment ne pas avancer avec nos peurs ?

Quand quelqu’un a peur de chuter, il lui est difficile de se mettre en selle.
Et s’il y parvient, en forçant, il garde au fond de lui une tension toujours présente qui l’empêche d’être pleinement détendu, et pleinement maître de ses actions (raideurs, apnée, etc.)

Pour l’aider à avancer avec sa peur, il est possible de :

– nier sa peur.
« La peur n’évite pas le danger ! »
Une mauvaise option, parce que si le mental veut bien croire que tu n’as plus peur, ton corps n’est pas dupe ! Il garde donc toujours ce fond d’angoisse, très facile à déceler et parfois très inconfortable pour le cheval …
La phrase « Si t’as peur, ton cheval à peur » est aussi une façon d’amener le cavalier à la nier.

– tricher avec sa peur.
En essayant notamment de se faire croire qu’il n’y a aucune chance de tomber.
Mais, la réalité, c’est que c’est déjà arrivé au moins une fois, et que même avec le cheval le plus gentil, dans les conditions les plus parfaites, l’accident est imprévisible… encore une fois, le corps le sait …

– juger sa peur.
« C’est débile, mais j’ai peur ! » On le retrouve aussi de façon plus subtile dans des phrases comme « Il faut tomber 100 fois pour être un bon cavalier » qui sous entend que c’est idiot d’avoir peur de la chute puisqu’elle est nécessaire à la progression (donc si tu as peur c’est que tu ne veux pas progresser …)
En plus de ne rien changer à la présence de la peur, cela rajoute de l’énergie placée contre soi ! Une énergie négative qui t’enfonce quand tu aurais besoin d’être porté.
Plus contre productif c’est difficile …

– éviter la peur.
Dans ce cas précis, cela consistera à ne plus monter du tout à cheval.
Si beaucoup trouve quand même des solutions pour continuer de profiter avec les chevaux, tout au fond de soi, le manque reste présent …

Essayons plutôt autre chose …

Dans mes accompagnements, je choisis trois options pour avancer malgré la peur de tomber :
– reconnaître que la peur c’est de l’amour : la peur est un mécanisme de protection. C’est un élan d’amour que votre système met en place pour vous protéger de danger vécu ou imaginé. Reconnaître cet amour pour vous est le premier pas indispensable pour avancer avec la peur.

– améliorer la posture du cavalier : avec une meilleure assiette et une meilleure position, le cavalier est plus souple, plus détendu, et si un imprévu arrive il diminue fortement les risques de chute.

muscler et assouplir le corps : pour limiter les risques de blessures et de douleurs quand la chute arrive.

Je travaille tout cela avec mon cavalier sans remettre d’attention sur la peur :
Je ne passe pas des heures à essayer de le persuader qu’il n’y a aucune raison d’avoir peur ou à essayer de comprendre l’origine de la peur.
En revanche, il travaille dessus, inconsciemment une fois qu’elle est reconnue, en solidifiant ses bases.
Et c’est bien souvent par hasard, en rencontrant un incident, qu’il se rend compte soudain qu’il n’a plus peur !

Et pour les autres peurs

La peur de la chute est un classique en équitation mais elle est loin d’être la seule.
Encore plus si on regarde l’ensemble de nos peurs de la vie quotidienne !
En revanche, elle est parmi les peurs faciles à surmonter (comme la peur de faire du mal au cheval …)

Il y a toutes les autres peurs : celle autour desquelles on forge notre quotidien !
La peur de mal faire, de décevoir, la peur du changement, la peur de se lancer, d’oser, la peur d’être jugé, etc, etc, etc.

Beaucoup d’entre nous essaye d’avancer avec ses peurs en choisissant une des quatre options non bénéfiques que j’ai cité plus haut.
Mais comme je le disais, à chaque fois, le corps n’est pas dupe, et c’est souvent de ces peurs qu’émanent les somatisations …

Alors aujourd’hui je te propose d’observer ces peurs, de les reconnaître et de trouver la solution dont tu as besoin, selon ce modèle :

– comment faire, de quoi ai-je besoin (en prenant pleinement mon pouvoir) pour limiter le risque d’être confronté à une situation qui me fait peur ?

– comment faire, de quoi ai-je besoin (en prenant pleinement mon pouvoir) pour rendre la situation moins douloureuse une fois qu’elle est arrivée ?

C’est un exercice difficile, parce que la peur à emmener notre cerveau dans une impasse depuis longtemps !
Prendre du recul et trouver une nouvelle option peut vraiment prendre du temps !
Et ne cherche pas une réponse miracle qui résoudrait le problème en deux secondes (améliorer son assiette est le travail de toute une vie !)

Si je reprend l’exemple de la peur de tomber, je demande toujours au cavalier de quoi il aurait besoin pour avancer avec cette peur.
Jusqu’à aujourd’hui, aucun n’a su me répondre « d’améliorer ma position ».
Ils tentaient plutôt des réponses parmi les quatre premières…
Alors prend le temps nécessaire pour écouter ce qui se passe à l’intérieur de toi, pour trouver des réponses à ces questions !

Ma peur du moment

Ce qui ressort pour moi en ce moment (et qui m’a donné envie de te partager cet article), c’est une peur très profonde et très ancrée : J’ai peur que les décisions d’autrui influencent et transforment ma vie sans que je ne le maîtrise.
Dans le concret, ça donne une grande méfiance envers tout les êtres humains (pas seulement les inconnus) et une éco-anxiété immense !
Donc je dépense énormément d’énergie à me préparer à me défendre avant même de savoir si je serai attaqué et comment ! (Justifier mes choix alors que je n’ai aucune raison de le faire, imaginer comment survivre au monde de demain alors que personne de sait à quoi il ressemblera, etc …)

Si j’essaie de répondre aux questions données plus haut : Ce qui m’apparaît aujourd’hui (avec l’accompagnement et l’aide précieuse de mon troupeau élargi !) c’est que ce dont j’ai besoin pour avancer avec cette peur, c’est de plus de souplesse et de résilience.
J’ai besoin de regarder la vie avec plus de simplicité, de joie et de bienveillance.
Et j’ai aussi besoin de renforcer ma base : de prendre plus de temps pour écouter mes besoins et mes envies profondes. D’aligner au plus et au mieux mes choix avec ce qui compte pour moi dans les situations telle qu’elles se présentent à moi.

La blessure est profonde, ma peur est grande : aussi simple que puisse paraître la solution que j’énonce, pour moi, c’est déjà un effort énorme.
Je n’ai pas besoin de justifier que c’est difficile en regardant pourquoi je porte cette blessure (pas besoin de fouiller dans ton passé et de remuer le couteau dans la plaie. Elle est là, elle est reconnue, maintenant il faut agir pour l’aider à cicatriser)
En revanche, ce dont j’ai besoin c’est d’avancer avec cette peur : chaque séance avec mes chevaux me donne l’occasion de mettre en application ma solution. Plus je la met en place quand tout va bien, et plus il sera facile de la mettre en place en cas d’incident … (comme l’assiette !)

Est ce que mes exemples de parle ? Est-ce qu’il y a des questions qui te viennent à la lecture de cet article ?
Est ce que tu visualises la peur qui te freine actuellement et la solution que tu peux mettre en place pour avancer ?
Est ce que tu as besoin de l’aide de ton cheval ou de mon troupeau pour y parvenir ?

N’hésite pas à me contacter si tu en ressens le besoin, pour une séance en présentielle comme à distance.

Sarah

Laisser un commentaire