Mon cheval va trop vite

Vous avez tous, un jour dans votre vie de cavalier, rencontré au moins une fois ce problème : le cheval qui va trop vite !
Je ne parle pas du cheval qui vous embarque à un instant t, mais de celui qui passe son temps à courir !
Je vous propose dans cet article de faire le point sur quelques raisons possibles à ce comportement et des pistes à étudier.

« Trois mille cinq cents ans avant notre ère, dans le sud de l’Ukraine, a lieu la première domestication du cheval. Presque trois millénaires après celles du bœuf, du mouton et du porc, et près de six millénaires après celle du chien : le cheval a longtemps résisté à l’homme. » Jean-Pierre Digard

Le cheval qui va trop vite peut avoir plusieurs raisons de le faire. Et il sera important de les définir pour pouvoir trouver la réponse adaptée.

Le cheval qui craint l’équitation

On le reconnait parce qu’il à l’air super gentil dans son box, mais que son cavalier vous affirme que c’est une furie monté. Parce qu’il charge systématiquement les obstacles, même la moindre barre au sol. Parce que quand il est monté par un cavalier plus « lymphatique » qui le monte rênes longues, il est métamorphosé.

Ce cheval a tout simplement peur de ce qui va lui arriver.
Il ne comprend pas les réactions de son cavalier : parce qu’elles ont parfois été injustifiées de son point de vue.
Certains chevaux se blasent quand l’utilisation des aides est très maladroites. D’autres, comme ce cheval qui va trop vite, monte en pression et se laisse dominer par leur peur. Ils sont dans l’attente de ce qu’il percevront comme une punition incompréhensible.

Les chevaux qui chargent à l’obstacles notamment, sont très souvent des chevaux qui ont pris des coups dans le dos ou dans la bouche, etc. Des chevaux qui ont été envoyé sur les barres dans une attitude qui ne leur permettait pas d’y aller.
Franchir le plus rapidement possible les barres est une fuite vers l’avant ! Plus vite ce sera passé, et plus vite ils seront tranquilles.

Solution

Si votre cheval a peur de vous, de vos aides, de l’équitation, la première chose à faire est de vous tranquilliser vous même. Monter le avec une assiette profonde et rassurante.

Puis prenez le temps de reprendre les bases dans le calme avec des aides fines, légères, précises mais surtout justes !
Ne passez pas au trot tant que vous n’obtenez pas un tour de carrière, une volte, un arrêt au pas rênes longues.
Ne franchissez pas un obstacle de 30cm au galop tant que vous ne pouvez pas passer une barre au sol au pas (et au galop bien sûr !) rênes longues !

Et surtout, n’oubliez pas de respirer ! Votre calme l’aidera à retrouver le sien.

Le cheval déséquilibré

Ce cheval, on le reconnait quand en lâchant les rênes, il court encore plus. En extérieur, c’est une catastrophe : il trébuche, accélère dans les descentes, galère à l’obstacle. Quand vous essayez de le ralentir par les mains, vous avez les biceps de Nadal au bout de 10 minutes, mais le vent vous fait toujours pleurer par trop de vitesse !

Pour lui, le problème est physique !
Seul, il a déjà du mal a ne pas surcharger ses épaules. Avec un cavalier sur le dos, il ne répond plus de rien.

Je me souviens d’une jument obèse déclaré dangereuse parce qu’elle avait foncé dans une barrière avec sa cavalière sur le dos. L’histoire, c’est que quand la cavalière à demander le galop, elle s’est mise à galoper de plus en plus vite. Malgré toute la force de traction sur le mors, la cavalière ne parvenait pas à la ralentir. En panique, elle a pensé quand l’envoyant dans la barrière, la jument aurait le réflexe de s’arrêter … Échec !
Tout le monde m’avait dit de me méfier, de mettre un mors plus dur, etc. J’ai travaillé cette jument dite dangereuse, au pas quotidiennement pendant 3 semaines. Elle a maigri, elle s’est musclée, elle s’est rééquilibré. Au bout de trois semaines, quand j’ai demandé mon premier galop sur des rênes longues, la jument n’a jamais accéléré. Et elle était capable de franchir n’importe quelle barre sans s’écraser dessus !

La solution

Vous l’aurez donc compris avec mon anecdote, la solution pour ces chevaux c’est le travail physique, musculaire, gymnastique.
Monté, en longe, à l’obstacle, à l’épaule, en extérieur, etc. Libre à vous ! L’équitation est suffisamment riche pour que vous puissiez aider votre cheval sans le blaser !

Un détail non négligeable cependant : ON NE RÉÉQUILIBRE PAS UN CHEVAL EN TIRANT SUR SES RÊNES !
C’est vrai dans les transitions, dans les voltes, dans les descentes, avant l’obstacle, bref ! tout le temps !
C’est votre cheval qui se rééquilibre de lui même, parce que le dispositif ou l’exercice l’y amène !
Jean Claude Racinet utilise une image qui me plait beaucoup ! Tirer sur les rênes pour rééquilibrer son cheval, c’est comme tirer sur la gouttière pendant une tempête en espérant retenir ainsi la toiture ! (en feuilletant le livre, je n’ai pas réussi à retrouver la citation précise, il va falloir que je me replonge dans une lecture approfondie)

Vous vous sentez dépassé par cette exigence ? Vous ne savez pas comment aider votre cheval à se rééquilibrer par le travail ?
Le meilleur conseil que je peux vous donner sera de vous faire accompagner 😉

Le cheval qui va trop vite seulement pour son cavalier

Il reste ce dernier « cas » que je me vois dans l’obligation d’aborder : ce cheval ne va pas trop vite, il va à son rythme à lui. Mais son cavalier un peu mal à l’aise se sent déstabilisé par cette vitesse.
On le reconnait parce que sa vitesse est toujours la même : qu’il porte un cavalier sur le dos ou qu’il soit en liberté au champ.

Le vrai risque ici est que le cavalier cherche à faire ralentir l’allure pour fonctionner à une vitesse qui lui convient à lui. Et donc que le cheval soit toujours travaillé en sous impulsion. (L’inverse est vrai aussi, pour les cavaliers qui ont tendance à vouloir monter leur chevaux à une vitesse toujours plus élevée que son allure naturelle …)
Cette tendance pourra entraîner des problèmes physiques – mauvais schémas posturaux, etc- ou comportementaux -cheval qui se blase au travail, ou au contraire qui finit par exploser et tout envoyé en l’air, etc-

La solution

C’est notamment par l’amélioration de votre assiette que vous pourrez reprendre confiance en vous et en votre cheval pour accepter d’aller à son rythme.
Enfin n’hésitez pas à vous faire accompagner d’un professionnel compétent ! Il saura vous aider à dépasser vos limites sans danger et en écoutant vos peurs !

Pour résoudre vos problèmes de vitesses, n’oubliez jamais de d’abord questionner le « Pourquoi » !

Comme nous venons de le voir, le cheval qui va trop vite peut le faire pour plusieurs raisons. Et chaque raison amène son éventail de solution très différentes.
Alors surtout, avant de chercher l’exercice ou la méthode miracle qui vous aidera à résoudre tout vos problèmes avec votre cheval, demandez vous pourquoi ces problèmes sont apparus !
Chercher la cause avant de traiter les conséquences vous évitera beaucoup de déconvenues !
Et si vous avez encore besoin de vous en convaincre : souvenez vous de la jument dont je vous parlez plus haut. On lui on avait imposé des mors de plus en plus dur sous prétexte qu’elle était dangereuse … Alors que c’était un amour de douce jument !

Observez, proposez, recevez !

Sarah

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