Sans mors, sans fers et bientôt sans cheval …

J’ai explosé de rire quand je suis tombé dernièrement sur cette affirmation !
Elle apparaissait sur une publicité pour une méthode qui vous proposait d’apprendre à « placer » votre cheval. Et je pense qu’elle peut se traduire par : « On n’a pas bien compris ce qu’était le bien-être du cheval, mais on commence à flipper grave parce que c’est ce que les cavaliers recherchent de plus en plus, alors on va dénigrer ce qui essayent … »

De mon côté, je vais donc profiter de l’occasion pour vous expliquer mon choix d’une équitation « sans mors ».

« Beaucoup de gens bien intentionnés sont abusés par des soi-disant chuchoteurs ou maîtres d’équitation naturelle […] exhibant des tours de cirque comme la monte à cru ou sans bride. Bien souvent, alors que la foule applaudit le courage ou le charisme du cavalier, le cheval exprime son malheur par un langage corporel très clair. Selon moi, mieux vaut le harnacher et rendre sa chevauchée plus facile et mieux équilibrée. »
Chris Irwin

L’équitation avec ou sans mors, ce n’est pas vraiment nouveau. Dans l’histoire de la domestication du cheval, les méthodes et les outils sont des choix culturels et pragmatiques : l’important est que cela fonctionne comme et quand on a besoin que cela fonctionne.
Pour sa viande ou son lait, pour voyager, pour partir en guerre, pour travailler, etc : le cheval à vu son équipement évoluer en fonction des nécessités.

La monte sans mors ne date donc pas uniquement de « l’explosion » de l’équitation dite éthologique en France, mais existe depuis les débuts de la domestication, à sa façon …

En revanche, ce qui est plus récent, c’est la possibilité de choisir notre matériel avec le luxe d’aller vers toujours plus de bien-être du cheval.
Aujourd’hui, l’équitation de loisir place davantage son attention sur le « comment » que sur le « pourquoi ».

Pourquoi le choix d’une équitation sans mors pour mes chevaux ?

Quand j’ai fait le choix de me lier à vie avec Velga, je travaillais à l’époque dans une écurie de dressage de compétition où définition de la légèreté c’était une tonne dans chaque bras branché sur le mors …
Je refusais que mon trotteur qui en avait déjà bien assez vu pour son âge paît mes fautes de mains rendues insensibles !
Deux solutions s’offraient à moi : soit je ne montais pas mon cheval, soit je travaillais sans mors …

Les contre-indications au travail sans mors

– La première contre indication est la sécurité. C’est un argument qui revient souvent : « moi je connais quelqu’un qui s’est fait embarqué par son cheval, qui a failli mourir, depuis, je peux t’assurer qu’elle a remis un mors ! »
En réalité, le pourcentage de sans mors, est certainement assez peu élevé sur les 770 accidents d’équitation mortels annuels en Europe
Que celui qui ne s’est jamais fait embarqué avec un mors me jette la première pierre ! (Ce qui ne sont jamais monté à cheval, ça ne compte pas !)

Un préalable à la monte sans mors, mais en réalité à toute équitation, est d’éduquer votre cheval pour être en sécurité dans toutes les situations que vous serez amené à rencontrer.

– La seconde contre-indication que j’ai pu trouver, c’est que sans mors, on ne peut pas décontracter la mâchoire.
Lire cela sonnait pour moi comme un défi, un challenge !

Et c’est ainsi que j’ai commencé à travailler sans mors avec Velga, dans l’objectif d’obtenir la décontraction de la mâchoire par des exercices qui décontracte le corps.

Bilan : 6 ans et des dizaines de chevaux après !

Aujourd’hui, avec Velga, je n’ai aucun doute sur la pertinence de mon choix :
– Je n’ai jamais rencontré de problèmes de sécurité dû à la non utilisation du mors
– On travaille en légèreté, avec une mâchoire décontractée qui déglutit quand le geste est juste.
– Le seul bémol : quand mon exercice est trop compliqué, quand elle en a assez, etc, Velga n’a qu’à baisser la tête pour reprendre les rênes et me le faire comprendre. Mais comme mon objectif est de l’écouter, ce n’est évidement pas un problème !

Après Velga, j’ai débourré de A à Z des chevaux sans mors, passer en ennasure (toujours les plus douce possible !) des dizaines de chevaux en dressage, obstacles ou en extérieur, des chevaux « dangereux », des chevaux qui tirent, des chevaux qui embarquent, etc.

Je n’ai même jamais dans ma vie acheté un mors. Je n’ai donc même pas de vieux mors qui traînent dans ma sellerie « au cas où ».
Avoir soudainement besoin d’un mors révèle, pour moi, un autre problème que celui que l’on pense résoudre avec du fer dans la bouche.

Sans mors, sans fer, et bientôt sans cheval

Même si je travaille toujours avec des cavaliers qui utilisent un mors, l’équitation sans mors m’a donc plus que convaincue, mais évidemment toujours à condition que l’ennasure soit la plus douce et confortable possible.
Vous ne trouverez donc pas non plus de licol de corde, caveçon, ou hackamore dans ma sellerie.

Le sans fer aussi m’a convaincue : mais je laisse aux experts le loisir de vous en parler. Vous trouverez bien assez d’articles et de livres pertinents et intéressants à ce sujet !

En revanche, l’équitation sans cheval, je n’ai pas encore essayé ! Mais s’il existe un championnat du Monde de cette discipline, c’est probablement que c’est sympa quand même ! 😀

Sarah

Ps : si vous souhaitez aussi que votre jeune cheval soit éduqué au travail monté sans mors, c’est possible : avec le programme de travail « Education-Rééducation » garantissez lui un apprentissage serein et sécuritaire !

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