Hommage à « l’écuyer mirobolant » !

« De tout cela on peut conclure que les moyens les plus faciles à employer sont souvent les plus efficaces, et que les chevaux dressés par ces moyens-là sont montables par tout le monde.
L’application des principes mathématiques est au contraire difficile et, moi, je n’entreprendrais jamais le dressage d’un cheval, si j’étais obligé de calculer puis de coordonner l’action de mes deux jambes et de mes deux rênes avec l’effet de mes déplacements d’assiette, pour obtenir ou pour entretenir une allure ou un mouvement du cheval. » Etienne Beudant, Extérieur et Haute école

L’article d’aujourd’hui a pour objectif de vous faire découvrir ou redécouvrir, l’oeuvre et son auteur qui ont le plus inspiré, bouleversé, apporté à mon équitation : Extérieur et Haute école, l’édition originale (1923) enrichie d’une version inédite (1948) revue par l’auteur, du Capitaine Etienne Beudant, aux Editions Actes Sud (col. Arts équestre, 2008). Ces citations ont été extraites de la conclusion de 1923.

« Ainsi il est indispensable de donner au cheval d’extérieur, de service, de chasse, de promenade, etc … la légèreté qui, seule, lui permet de coordonner judicieusement ses forces et de les ménager, […]
Pour y arriver il suffit de l’habituer à se porter en avant sous l’action des jambes, tout en restant léger à la main. Il répond alors tout de suite, si on ne le gêne pas, à toute demande bien faite. » Etienne Beudant, Extérieur et Haute école

Dans ces morceaux choisis, mes élèves reconnaîtront rapidement ma volonté d’une équitation « simple », par une utilisation réfléchie, raisonnée et discrète des aides, sans artifice, peu coercitive, mais efficace. Une équitation dont les résultats se veulent rapide pour le cheval comme pour le cavalier, bien que l’on s’attache toujours à prendre notre temps !

« Néanmoins, les airs de haute école qui étonnent la foule, sont souvent peu de chose et, « pour celui qui a le sentiment du cheval, la perfection réside bien plus dans la pureté des mouvements que dans l’exécution de ce qu’on est convenu d’appeler les difficultés équestres » (Général L’HOTTE). » Etienne Beudant, Extérieur et Haute école

Vous y comprendrez aussi mon soucis du détail, mon exigence dans chaque geste : non pas pour être les plus académiques mais simplement pour permettre à chaque cheval d’exprimer tout son potentiel, toute sa grandeur, toute sa majesté !
Chacun de mes élèves avec lequel j’ai eu la chance de travailler sait que lorsqu’il a ressenti sous la selle l’équilibre, l’engagement, le brillant de son cheval, son cœur est soulevé par bien plus d’émotions que ne saurai le faire mes compliments et mes félicitations !

« La réside, selon moi, la vérité équestre.
Le cheval est en effet le seul maître de ses forces que notre vigueur est bien impuissante, à elle seule, à augmenter. C’est donc à lui à s’en servir à son gré et à calculer la façon de les employer, afin de répondre pour le mieux aux indications du Cavalier. Si celui-ci veut faire tout par lui-même, le cheval se laisse porter et il proportionne ses efforts à ceux que l’homme lui fait ressentir. Mais, si le cheval sait qu’il n’a à compter que sur ses propres moyens, il s’en sert sans attendre autre chose que des indications et, alors, il s’en sert complètement, avec toute son ardeur.

5 mai 1922. » Etienne Beudant, Extérieur et Haute école

A chaque nouvelle rencontre avec un cheval et son humain vibre en moi le potentiel de ce couple. Et toutes les heures laborieuses passées à étudier et expérimenter disparaissent derrière le plaisir de vous voir progresser dans la légèreté, la finesse et l’équilibre de vos deux corps en symbiose !

Merci au Capitaine Beudant d’avoir rédigé cet ouvrage ;
Merci aux chevaux qui m’ont permis et me permettent de le ressentir ;
Merci aux cavaliers qui me font confiance pour leur transmettre cette équitation !

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