Autonomie, indépendance ou robotisation ?

On peut interroger notre relation aux chevaux sur plusieurs aspects … Avec cet article, je voudrai que l’on interroge notre perception de l’autonomie et de l’indépendance de nos chevaux au travail …

« Il faut agir soi-même le moins possible et laisser le plus possible le cheval agir de lui-même. » Etienne Beudant

Le cheval autonome

L’objectif de tout cavalier, à pied ou monté, est (ou devrait être) de rendre son cheval le plus autonome possible dans le travail.

Nous définirons d’autonome, un cheval qui maintient son mouvement, son équilibre, son engagement, etc, seul, sans être « porté » par son cavalier.
Ce dernier vise donc l’exercice dans la descente des aides.

Cheval autonome, monté en descente de mains et de jambes

La descente des aides signifie « cesser de les faire sentir » -« le laisser complètement libre tant qu’il garde sa position de tête et sa même allure. » Beudant-
Alors le cheval se tient seul, et est en autonomie.

Cependant, dans l’exercice réalisé en descente des aides, l’orientation du bassin et l’énergie du cavalier continue d’accompagner le cheval dans le mouvement.

Par exemple :
– Si je demande une épaule en dedans ; quand le mouvement est juste, je cesse d’agir dans mes mains et dans mes jambes. Mais, l’orientation de mon corps et mon énergie maintiennent le cheval dans le mouvement de l’épaule en dedans.
– Si je demande un allongement du trot en longe ; quand le mouvement est juste, je cesse d’agir avec ma chambrière. Mais, l’orientation de mon corps et mon énergie maintiennent le cheval dans le mouvement de l’allongement.

Mon cheval est autonome, et je l’accompagne dans ce mouvement en autonomie.

Le cheval indépendant
Cheval indépendant, laissé libre en récompense d’un exercice bien réalisé

Pour chaque demande, comme dans les deux précédents exemples, dès l’instant où je juge le mouvement parfait, je doit récompenser en relâchant toutes mes aides, l’orientation de mon corps et mon énergie.
« Lâche tout, caresse » est une des phrases qu’entendent le plus mes cavaliers !

Alors le cheval, se trouve dans une situation de repos, dans laquelle il est et doit être parfaitement libre de ces mouvements.
Je n’ai plus aucune action sur lui, et il se retrouve indépendant.

Nous définirons d’indépendant, un cheval capable de faire des choix, d’agir en fonction de ses besoins et de ses désirs propres pour sa survie ou son confort.

Dans les deux exemples précédents, le cheval peut donc choisir de maintenir son allure, de s’arrêter, d’aller brouter, etc.

Une autre définition de l’autonomie et de l’indépendance ?

Prenons maintenant deux nouveaux exemples, avec lesquels le cavalier espère rendre son cheval indépendant ou autonome :

  • Je longe mon cheval, mais je ne bouge plus. Je demande à mon cheval de tourner autour de moi sans ne plus faire aucune action, en regardant ailleurs et en passant la longe dans mon dos.
  • Rênes longues, je détends mon cheval au pas en pensant à autre chose (ou dans les pires cas, en regardant mon téléphone …) mais je le rappelle à l’ordre s’il ralentit ou s’arrête.

Dans ces deux cas, je demande à mon cheval d’agir selon ma volonté mais en l’absence d’informations.
Je lui demande de continuer à tourner alors que plus rien ne l’y invite ; je lui demande de marcher alors que rien ne l’accompagne dans cette action qu’il n’a pas choisi lui même.

J’impose donc à mon cheval qu’il devine mes exigences !
Et attention scoop : les chevaux ne sont pas devins !

Les chevaux sont capables de lire les plus fines informations de votre langage corporel, au point d’avoir la sensation que votre intention seule suffit. Mais ils ne sont pas en mesure de déceler des messages que vous n’exprimez pas !

Le cheval robotisé

En agissant ainsi, vous robotisez alors votre cheval.
Nous définirons de robotisé, un cheval qui agit par automatisme, sans réflexion, sans objectifs, à partir d’une unique demande et tant qu’il ne reçoit pas de demande contraire.

Pour schématiser, dans le cas de nos deux précédents exemples :
1. Je fais une première demande à mon cheval (être longer – marcher au pas)
2. Je ne l’accompagne plus (je cesse de tourner – je pense à autre chose)
3. Mon cheval après avoir suivi la demande quelques instants, comprend que je ne l’accompagne plus. Il se juge indépendant. Il choisit de réaliser une nouvelle action (s’arrêter)
4. Je crée de l’inconfort pour qu’il revienne dans l’action demandée initialement (rappel/renvoi sur le cercle – mise en avant par le stick)
5. Les actions 3 et 4 vont se répéter jusqu’à ce que le cheval, après plusieurs minutes d’incompréhensions, choisisse l’absence d’inconfort, et maintiennent l’action 1 par résignation …
6. L’action ne s’arrêtera que lorsque je demanderai une nouvelle chose à mon cheval (désengagement des hanches – départ au trot)

Sous peine d’inconfort, le cheval ne peut donc plus se déconnecter à un seul instant de vous.
N’est-ce pas la définition contraire de l’indépendance et de l’autonomie ? 

Questionner votre pourquoi …

Une autre phrase que mes cavaliers entendent souvent, c’est « Pourquoi ? »

Pourquoi tu demandes cela à ton cheval ? Pourquoi de cette façon ?

N’oubliez pas régulièrement de questionner votre pourquoi pour interroger la légitimité et la pertinence de vos actions !
Votre cheval vous en remerciera 😉
Le groupe Facebook « Vers une équitation médecine » peut vous aider à cela …

Sarah

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