Laissez vos chevaux vous prendre la main !

« Prenons le temps d’observer nos chevaux » : c’est une affirmation pour laquelle il existe peu de débat -malgré le fait qu’elle soit peu appliquée … En effet, pour pouvoir être écouté, encore faut-il que les chevaux puissent s’exprimer …

« […] le cheval doit être laissé libre, car l’instinct le conserve, le remet en équilibre infiniment mieux que ne saurait le faire le talent du plus habile cavalier »
Etienne Beudant, Extérieur et Haute école

Si je vous parle de chevaux qui n’ont pas la possibilité de s’exprimer vous pensez tout de suite au cheval coincé dans des outils coercitifs et punitifs : mors dur, muserolles serrées, enrênements tendus, etc. Il est indéniable que ces outils sont délétères pour le bien-être physique et psychique du cheval.

Mais il ne faut pas oublier les méthodes dîtes « douces » qui par renforcement positif, éteigne les signaux que nous envoie le cheval, en lui soufflant une autre réponse grâce à laquelle il se verra récompenser. Ainsi, il est demandé au cheval de conserver une position de tête précise sans lien avec l’état de son corps, le fonctionnement de son dos, etc. On voit alors des chevaux passager avec le dos creux, ou même simplement ne rien dire au sanglage, alors même que si la récompense n’avait jamais été utilisée, il refuserait cet exercice ou mordrait à l’approche de la sangle !

Il est donc important de choisir des méthodes d’apprentissage et des outils qui ne privent pas le cheval de ses moyens d’expressions.
Monté, le moyen le plus simple pour votre cheval d’exprimer son incompréhension ou son refus, sera de tendre son encolure pour récupérer ses rênes.

De quoi se prive t’on en empêchant nos chevaux de nous « arracher les rênes » ?
  • D’un excellent baromètre de l’équilibre : le cheval se sert de son balancier de tête en appoint de l’équilibre de son corps.
    Vous lui demander un équilibre plus verticale en agissant davantage sur la bouche que sur les postérieurs ? Il risque de vouloir récupérer sa tête !
    A vous alors de l’entendre et d’adapter votre travail !
  • Du parfait indicateur des capacités physiques du cheval : demander un étirement trop compliqué à un cheval raide, et il récupérera les rênes pour exprimer ses difficultés à réaliser l’exercice.
    A vous alors de l’entendre et d’adapter votre demande !
  • Du meilleur juge de la légèreté de notre main : le cheval laissé libre de s’exprimer saura punir les fautes d’une main qu’il sent ne serait-ce qu’un peu trop dur.
    A vous alors de l’entendre et d’adapter votre main !
Laissons les s’exprimer, avant qu’ils ne se résignent !

Le cheval que l’on empêche de s’exprimer se renferme dans ses douleurs, et ses blocages, et il se résigne !
Alors il n’exprime plus rien ! Il n’accepte pas non plus, mais il ne dit plus rien ! Il devient une boule de frustration et de tension.

Les deux photos suivantes vous présente Queton, à 24h d’intervalle.
Les deux photos sont prises au même instant dans la détente, lors des toutes premières foulées de trot, rênes longues.
Sur la première Queton est résigné : la mâchoire serré, l’oeil triste, le dos restreint et les muscles crispés.
Sur la seconde, après lui avoir laissé entendre qu’il était en droit de s’exprimer, on découvre un cheval détendu, volant, souple dans son dos et dans ses muscles, l’oeil vif et la mâchoire en cours de décontraction ! (Pour tout savoir sur cette transformation : CLIC)

Je le répète parce que c’est important : il n’y a QUE 24H entre ces deux photos ! Une séance d’une heure et 23h de repos !

La seule différence entre les deux est que Queton a accepté de sortit de sa bulle de résignation, pour exprimer ce qu’il avait à exprimer ! Et surprise ! C’était de très belles choses !

Laisser son cheval s’exprimer, ça ne veut pas dire laisser son cheval « gagner »

Je veux préciser cette nuance pour conclure !
Parce que je vois d’ici arriver les arguments : « mais s’il peut faire ce qu’il veut, on n’en fera plus rien » « s’il comprend qu’il peut m’arracher les rênes, il ne me respectera plus », etc.

C’est un autre sujet, sur lequel nous reviendrons, le respect. Mais laisser les chevaux s’exprimer n’est pas accepter que les chevaux portent atteinte à notre sécurité ou à la leur.
En les privant de leur liberté de s’exprimer, nous nous privons de leur majestuosité !
[S’il subsiste encore un doute, remontez de quelques lignes pour admirer les photos de Queton ; vous trouvez vraiment qu’il ne fait plus rien, et qu’il est irrespectueux ?!]

Racontez moi dans les commentaires, quelle est la dernière chose que votre cheval vous ait fait comprendre de façon directe ?

Sarah

Et si l’envie vous prends d’aller plus loin dans votre relation avec votre cheval, n’hésitez plus !
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