« Dis Sarah, est-ce que c’est possible que mon corps envoie des signaux contradictoires à mes aides, qui expliquent l’incompréhension, le manque d’impulsion ou la colère de mon cheval ? »
C’est à peu près la question qui m’a été posée sur Instagram il y a quelques jours, et c’est exactement ce dont j’ai envie de vous parler aujourd’hui 😉
Ressentir l’impact de notre notre mise en selle sur le fonctionnement des chevaux
Il y a un grand déclic dans ma vie, que j’ai déjà partagé plusieurs fois, le jour où j’ai découvert Oliveira :
A l’époque, je me faisais embarquer à chaque séance d’obstacles ! Quoiqu’il arrive, peut importe le cheval et le mors avec lequel j’étais armé, je perdais tout contrôle, et je ne pouvais rien faire d’autres de la séance que des tours au galop !
Au hasard des rayons d’une librairie, je me suis trouvé nez à nez avec le livre de Antoine De Coux « Paroles du Maître Nuno Oliveira »
Et dans ma lecture je découvre cette phrase :
« Si votre cheval précipite :
Avancez la ceinture et grandissez le buste, en serrant un moment les doigts, mais sans que les mains tirent ou reculent.
Peu de chevaux résistent à ce coup de frein du buste.«
Aussitôt découvert, aussitôt expérimenté : le samedi suivant au centre équestre, je met mon cheval au galop, rênes à la couture, je prend une grande inspiration et je me redresse … Et mon cheval s’arrête !
Depuis ce jour, je ne me suis plus faite embarquer.
Mais surtout depuis ce jour, je cherche à comprendre à quel point mon fonctionnement impact celui de mon cheval, et donc comment je peux améliorer ma mise en selle pour, au moins, ne pas gêner …
Observer les chevaux changer sous la selle de mes cavalièr.es
Toutes cette recherche m’a amené à porter beaucoup d’importance à la mise en selle des cavalièr.es avec lesquel.les je travaille : et c’est souvent dans le trot enlevé qu’on observe les meilleurs résultats.
A la détente au trot, le cheval manque d’impulsion, et la cavalière poussent à chaque foulée pour ne pas retomber au pas … tout le monde s’épuisent et personne ne prend de plaisir.
Si on regarde dans le détail, on observe que la cavalière retombe dans sa selle à chaque foulée, et que c’est à son cheval de fournir plus d’effort pour la sortir de la selle !
Alors qu’avec quelques astuces simples et surtout un bon engagement des fessiers (attention, ça chauffe ! ;)), le couple trouve un nouveau souffle : le cheval plus léger se porte dans son trot qui devient plus aérien !
La cerise sur le gâteau, c’est de faire découvrir à la cavalière qu’elle peut ralentir le trot jusque l’arrêt sans utiliser ses mains et sans se rassoir, et allonger le trot à son maximum sans utiliser ses jambes, par la seule modification de son engagement dans le trot enlevé !
Des sensations qui changent toute la relation cavalier/cheval.
Une fois qu’on prend goût à cette légèreté des aides, il vient souvent une réflexion : « Si j’ai un tel impact sur mon cheval quand j’agis volontairement sur mon fonctionnement, qu’en est-il de l’impact involontaire de ma mise en selle ?!«
On se rend compte qu’effectivement beaucoup de blocages dans le corps de l’humain peuvent impacter directement le fonctionnement du cheval.
Parmi ce que je rencontre le plus fréquemment, je citerai :
- Le manque de souplesse : la rigidité du cavalier empêche la fluidité des mouvements du cheval
- Le manque de force et de tonus musculaire : le cheval se retrouve contraint de produire davantage d’efforts pour pallier au manque de sa cavalière
- Le manque de cardio (et/ou une respiration innefficace) : un.e cavalièr.e qui fatigue vite aura tendance à avoir moins de tact en fin de séance, et un moins bon fonctionnement, fatiguant le cheval au moment où lui aussi commence à fatiguer …
- Le manque d’équilibre : le cheval passe davantage de temps à compenser l’équilibre de son cavalier qu’à se concentrer sur la qualité du sien
- Le manque de proprioception : si l’humain.e perçoit mal le fonctionnement de son corps dans l’espace, il lui est d’autant plus compliqué d’agir avec justesse et de ne pas gêner son cheval
- La dissymétrie : nous exigeons de nos chevaux qu’ils fonctionnent pareillement à droite et à gauche, alors que nos propres dissymétries les en empêchent
- La peur : Source de crispation, la peur détraque la position et la légèreté des aides qui ne servent plus à communiquer mais à s’accrocher
- L’absence de motivation : avoir un objectif clair et qui nous fait plaisir permet de mettre bien plus d’impulsion dans notre propre fonctionnement, et accompagne donc l’impulsion du cheval
- La culpabilité : encore trop peu prise en compte de mon point de vue, la culpabilité à tendance à plonger les cavalièr.es dans une certaine léthargie, par peur de mal faire ou de faire mal, qui se ressent dans leur corps et freine leur cheval
Avec tout ça, certains chevaux se résignent et fonctionnent en sous impulsion, quand d’autres se mettent en colère et vous envoie valser … Entre les deux, vous trouverez tout un tas de « problèmes de comportement » qui disparaissent sitôt le fonctionnement humain réajuster (émotivité accrue, encapuchonnement, etc)
Des études scientifiques au service du fonctionnement des chevaux
Je vous ai partagé mon expérience et mon point de vue, mais pensez bien que tout cela ne sort pas de mon petit chapeau !
Aujourd’hui, nous avons la chance d’avoir de plus en plus d’études pour appuyer nos ressentis avec les chevaux. Avant de vous apporter quelques pistes de progression, en voici quelques une :
- Analyse de la nécessité de la préparation physique du cavalier : [clic]
« Cette brève analyse à partir du fonctionnement du corps, devrait suffire à faire réagir chaque cavalier, soucieux sans doute de ses performances, mais surtout de son capital le plus précieux : son corps… et sa santé.
Il ne doit pas devenir le « facteur limitant » de sa progression et de celle de son cheval en ignorant sa condition physique ! »
Suivi d’une deuxième fiche contenant des pistes de travail et d’amélioration [clic] - Etude bibliographique de l’interaction cavalier-cheval [clic]
« Ces quelques éléments montrent bien l’importance d’une interaction harmonieuse entre le cavalier et sa monture, sans quoi la présence d’une selle et d’un cavalier relèverait plus d’une gêne qu’autre chose. Dans une volonté de recherche du bien-être du cheval et de la performance sportive du couple, il apparait donc assez clairement que la recherche d’une forme d’unicité et de synchronisme est alors primordiale. » - Etude sur l’impact des étirements et du renforcement musculaire [clic]
« Un cycle de dix semaines d’étirement et de renforcement des muscles du tronc impacte l’activité équestre et diminue les douleurs lombaires des futurs cavaliers professionnels » - Compte-rendu des Equiétudes 2019 [clic] – Monter en conscience : l’impact du cavalier sur le cheval
Il me reste encore tout un tas de liens à vous partager ! Mais j’imagine que ceux qui auront déjà lu tout ça, auront la curiosité de chercher eux même plus loin. Et ceux qui n’ont pas envie de lire tout ça ont hâte de trouver des solutions dans le paragraphe suivant …
Prendre soin de soi pour prendre soin de son cheval
Attention ! N’imaginez aucune injonction culpabilisante dans cet article ! Ce serait contre productif par rapport au message qu’il me semble important de transmettre !
J’espère qu’après la lecture de ces lignes vous aurez envie de vous remettre en mouvement : mais pas parce que vous seriez une mauvaise personne si vous ne le faisiez pas !
J’aimerai que vous ayez envie de vous mettre en mouvement parce que cela vous fera du bien à vous, à votre cheval et que cela vous permettra d’avancer plus vite vers vos rêves équestres !
Mes conseils sont simples :
- Des séances de mise en selle : j’ai pas dit du « tape-cul » ! De la vraie bonne mise en selle, celle qui vous permet de mieux comprendre comment vous fonctionner pour mieux gérer votre corps sur un cheval.
- Du sport en plus de l’équitation : pour renforcer votre cardio, vous muscler et vous assouplir
- De l’écoute de vos émotions : ne glissez plus la peur et la culpabilité sous le tapis ! Je vous invite à les mettre sous les projecteurs pour pouvoir mieux les comprendre et vous en débarrasser
- Demander de l’aide : si vous sentez que votre corps vous limite dans votre progression mais que le travail vous semble insurmontable, pensez à vous faire accompagner.
Je souhaite que ces lignes vous aient donné envie d’aller plus loin pour vous et votre cheval.
Et si vous pensez que c’est une bonne idée de résolution pour la nouvelle année qui arrive, vous pouvez me laisser votre adresse mail ici, j’ai peut-être un accompagnement pour vous !

