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Le problème de la grossophobie dans le monde du cheval …

?

Ce que j’aurai aimé savoir plus tôt – Jour 11 du Calendrier de l’Avent
Où nous abordons la question du poids et du corps du cavalier.

Le poids du cavalier à cheval.

Il y a une donnée dont on ne peut pas faire abstraction quand on parle de bien-être du cheval et d’équitation : c’est le poids du cavalier.
Des chiffres reviennent souvent : on parle d’un poids idéal du cavalier compris entre 10 et 15% du poids du cheval, et d’un effet délétère pour un ratio supérieur à 20%.
Soit entre 50 et 75kg pour un cheval moyen de 500kg.
(Un résumé d’une étude qui amène ce résultat, ici par exemple)

Et oui, il n’y a pas besoin d’être un grand physicien pour comprendre que le poids du cavalier impacte directement (et indirectement) la locomotion et le bien-être du cheval.

Le bien-être du cheval ne peut pas se faire au détriment du bien-être de l’humain.e

Le problème de ce constat, c’est qu’il offre un boulevard à la grossophobie et au bodyshaming, déjà très répandus dans notre société, par son absence de nuances …

« La grossophobie est l’ensemble des attitudes et des comportements hostiles qui stigmatisent et discriminent les personnes perçues comme grosses. »
« Le body shaming ou bodyshaming (« dénigrement du corps ») est un terme générique anglais désignant l’ensemble des attitudes et des comportements ironiques ou hostiles qui stigmatisent et discriminent une personne, connue ou non, en dénigrant l’apparence de son corps ou en blâmant certains de ses critères physiques.« 

La grossophobie dans notre société passe souvent par des injonctions au sport.
La grossophobie dans le monde équestre y ajoute de la culpabilisation lié au bien-être du cheval.
Sous prétexte de défendre les chevaux, des corps gros sont jugés, humiliés, culpabilisés.

Et maintenant que l’intérêt de pratiquer un sport en plus de l’équitation a été plusieurs fois démontré, le phénomène me semble s’amplifier.

Faire du sport pour être un meilleur cavalier

Je suis la première à le répéter, si vous voulez améliorer votre communication à pied ou en selle avec votre cheval, pratiquer une activité physique en plus de l’équitation.

Quand je dis ça, je ne dis pas :

Pourquoi faire du sport quand on est cavalièr.e ?

Pourquoi j’invite les cavalièr.es à faire du sport, si ce n’est pas pour les raisons évoquer plus haut ?

  1. D’abord pour se faire plaisir.
    Le meilleur moyen d’abandonner, c’est de pratiquer une activité physique que vous détestez : faire du sport parce que ça vous fait plaisir devrait être, à mon avis, le critère numéro 1
  2. Pour améliorer la communication avec votre cheval.
    En améliorant votre proprioception, votre tonus musculaire, votre endurance, votre souplesse, vous améliorerez nécessairement votre équilibre et votre tact avec votre cheval, autant à pied que monté.

A partir de ces deux critères, chacun.e décide de la pratique qui est juste pour lui.elle et pour ses objectifs.

Déculpabiliser ce n’est pas déresponsabiliser

Quand j’écris à propos de déculpabilisation, je reçois toujours un ou deux commentaires pour me dire qu’il faut arrêter d’inciter les gens à faire n’importe quoi, que c’est contre le respect du cheval …
La grossophobie est un sujet qui soulève beaucoup d’émotions, alors je pense que je vais encore recevoir quelques pépites de culpabilisation …

Alors je vais consacrer ce dernier paragraphe à ce qui me semble important dans mon approche : je cherche à déculpabiliser les cavalières que j’accompagne, et à les responsabiliser.
Je souhaite offrir des clés de compréhension pour que chacune puisse faire des choix en conscience.

Il en est de même pour l’adaptation du gabarit cheval/cavalier.
Si nous créons un modèle parfait du couple parfait avec un cheval musclé et un humain maigre, nous détruisons le moral (et plus encore) de centaines de cavalière.
Ou bien nous créons une résistance, un déni de la part de ceux qui se sentent attaqués par les injonctions …

Si nous sommes informé pour savoir comment reconnaître un cheval suffisamment musclé pour nous porter, si nous savons écouter ses signaux de confort/inconfort, si nous sommes accompagnés par des pros compétents (et non jugeant) pour l’adaptation de notre matériel, si les bases d’une gymnastique adaptée au cheval font partie intégrante de notre formation de cavalièr.e, etc. Alors nous aurons les clés pour des couples humains/chevaux heureux et épanouis dans leur corps et dans leur tête !

Personnellement, je choisis la seconde option 😉

Et demain, je pense que je vous parlerai de ces injonctions aux corps parfaits appliqués aux chevaux …

A demain,
Sarah

Ps : Ce sujet dépasse largement mon domaine de compétences, et ces réflexions ne me viennent pas de sujets aborder dans les couloirs d’écuries ou les formations équestres, au contraire …
Alors je suis désolé si certains de mes mots ont pu blesser par le passé, et je suis désolée des erreurs que je peux faire encore aujourd’hui.
Si vous souhaitez aller plus loin, je vous invite à vous pencher sur la question politique et social de la grossophobie. Voici une vidéo qui pourrait être une porte d’entrée si vous le souhaitez : « La grossophobie rend-elle toujours plus gros ? » Léa Chouee

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