Tu as peur du jugement parce que tu n’arrêtes pas de juger !

Cette sentence entendue dans une vidéo de Franck Lopvet m’a mis un sacré uppercut.
Dans la lignée de « Construire pour ou contre« , c’est la leçon que j’intègre depuis plusieurs semaines.

Et si dans cette phrase, on trouvait la solution à la peur du ridicule, de l’humiliation, du rejet, du regard des autres ; une solution au manque de confiance en soi ; une solution pour enfin oser plus !?

La réalité n’est qu’un jeu de miroirs…

Est ce que la vérité existe ?
C’est un vaste débat philosophique !
Mais ce dont je suis persuadé c’est que notre réalité n’appartient qu’à nous. On ne regarde le monde qu’à travers ce que nous connaissons de lui.

C’est un des biais des scientifiques par exemple, très bien démontré dans ce hors séries de Sciences&Vies : du retard a été pris dans les recherches éthologiques, parce qu’il n’était pas possible à l’époque pour les scientifiques, d’admettre que les animaux puissent partager avec les humains le rire, la dépression, les émotions en général ou même la conscience de soi.
C’était remettre en question la supériorité de l’homme, et ce n’était pas entendable !
On pourrait citer énormément d’exemple où les scientifiques, à cause de ce biais, on établit des conclusions et des vérités complètement erronées… mais pas besoin d’aller si loin : on reproduit la même chose dans notre quotidien !

Qui n’a jamais pensé de son cheval : « il se moque de moi ! » ? (Par exemple, quand il a peur du fond du manège, alors qu’il y va sans soucis quand il est en liberté)
En effet, si moi en tant qu’humain je reproduisais ce comportement se serait peut-être pour me moquer (piéger l’autre, m’amuser, m’occuper l’esprit,…)
Mais ce n’est pas la réalité de mon cheval … (qui peut, dans cet exemple, avoir peur parce qu’il ne se sent pas libre de fuir en cas de danger quand il a son cavalier sur le dos)

De la même façon, on imagine par reflexe, que tout les humains ont le même fonctionnement que nous !
On leur prête donc nos intentions, nos sentiments, notre rapport aux choses et aux êtres, etc.
D’où notre incompréhension quand l’autre ne ce comporte pas du tout comme nous l’aurions fait.

Ainsi notre façon de voir les autres ne dit rien des autres ! En revanche, elle dit beaucoup de nous.

Comment regarde-tu les autres ?
Tu vois systématiquement ce qui ne va pas ? Tu rejettes tout en bloc parce qu’une des façons de faire ne correspond pas à ton idéal ? Tu méprises ce qui n’ont pas encore compris ce que toi tu passes ton temps à rabâcher ? Tu passes des heures à parler (en mal) avec ceux qui pensent comme toi, de ceux qui n’agissent pas comme vous ?

Alors inconsciemment, tu attends des autres qu’ils te regardent de la même façon … et donc rien d’étonnant que tu craignes le regard des autres, le rejet, le mépris, l’humiliation, etc.

Et si tu t’es reconnue dans tout ça, tu dis aussi sûrement de toi que tu es très exigeante avec toi-même, que tu es perfectionniste, et souvent aussi que tu es nulle, stupide, pas doué, etc.

Un jeu de miroirs auquel on a appris à jouer depuis tout petit …

Je ne peux pas tirer la conclusion absolue que ce jugement constant trouve toute sa source dans l’enfance, mais quand j’observe ma fille ou les enfants que j’accompagne, je vois de mieux en mieux l’influence de notre environnement enfant sur notre vie d’adulte.

D’abord, enfant, on est jugé constamment !
On est jugés a l’école (les notes qui définissent les meilleures et les cancres, la cour de récré qui définit la valeur en fonction du comportement ) autant qu’à la maison (les attentes des parents, de la famille et même des inconnus de ce qu’est une bonne façon d’être et de faire).
Et on est jugé dès le plus jeune âge ! Bébé n’a pas encore 6 mois, et pourtant, on lui a déjà prêté des intentions malveillantes (« elle en profite »), des caractéristiques sexuées (« ça, c’est bien une fille ») et bien sur des traits de caractères futurs à cause de mes choix d’éducation (elle sera sauvage, ultra dépendante, …)

Et si on baigne dans la critique de notre personne depuis tout petit, on voit aussi les autres se faire critiquer !

Aucun statut ne protège de la critique.
La maîtresse, le gendarme ou le président de la République, aucun adulte, qui aux yeux de l’enfant représente une forme d’autorité et de légitimité, n’y échappe !

Si en plus les parents ont l’habitude de s’auto saboter devant les enfants, le pli est vite pris ! Impossible d’espérer un jour être « à la hauteur » !

Mais un jeu où c’est à nous de définir les règles !

Observer que nous sommes imprégnés du jugement depuis toujours n’empêche pas qu’aujourd’hui, si je suis capable d’écrire cet article et toi de le lire, nous sommes capable d’assumer l’entière responsabilité de notre vie ! Et donc on peut décider aujourd’hui de changer ça.

J’ai peur du jugement parce que je juge les autres. Dois-je en tirer la conclusion qu’il ne faut plus du tout juger (et accepter la médiocrité, dirait Remi) ?

Tout dépend de ce que l’on met derrière le jugement !

Si le jugement est une analyse factuelle de ce qui est, alors c’est important pour progresser.
En revanche, les jugements de valeurs n’apporte rien !
Par exemple, crescendo :
¤ « Ce cavalier est mauvais parce qu’il tire sur la bouche de son cheval » : je pose un jugement de valeur, et j’annonce une vérité incontestable ;
¤ « Je n’aime pas ce cavalier parce que sa main est brutale » : j’émets des sentiments à l’égard de l’humain, et j’assène une vérité incontestable ;
¤ Je n’apprécie pas sa méthode parce que je pense que sa main n’est pas juste avec la bouche de son cheval. »: J’émet des sentiments à l’encontre d’une méthode et je donne mon avis à partir d’une observation personnelle

Parce qu’il ne faut pas oublier qu’un autre observateur de ce même cavalier, avec sa réalité différente de la nôtre, aura un avis bien différent : « J’admire le contact franc de ce cavalier », « ça, cest un cavalier qui sait tendre un cheval ! », etc.
Lequel de vous deux a l’avis le plus juste ?! Qui détient la vérité ?
Personne ! On revient au débat philosophique du départ !

Il n’y a plus qu’à jouer !

Alors pour dépasser les peurs que j’ai citées au début, je pense qu’il faut :
¤ Ne pas oublier que notre réalité n’est pas La Réalité ;
¤ Qu’il faut juger les autres comme on aimerait qu’ils nous jugent (en laissant de côté les jugements de valeurs notamment) ;
¤ Et se juger soi-même comme on aimerai juger les autres (parce que la personne la plus importante dans ta vie, c’est toi !)

J’adorerai que tu me raconte en commentaire ce que tu retiens pour toi de cet article ?
Est ce que tu t’es retrouvé dans ces lignes ?
Est ce que tu as jugé cet article en même temps que tu le lisais ? 🙂
Est ce que tu as des exemples de frein dans ta vie qui peuvent s’expliquer par ta façon de regarder les autres ?

Sarah

2 réflexions au sujet de « Tu as peur du jugement parce que tu n’arrêtes pas de juger ! »

  1. Merci pour cet article (contente de voir que nous avons des références communes), je découvre depuis 5 ans environ, à quel point le monde (et tout ce qu’il comporte) est mon miroir. Quelle bonne nouvelle de réaliser que la réalité telle que je la vois, n’est pas LA réalité, mais Une réalité et donc non figée. Et quel bonheur de lire ton article qui fait le lien dans la relation avec le cheval. Je me suis faite cette remarque il y a 2/3 mois : « je prends pour moi (comme affront ou provocation) les comportements de mon chien, chose que je ne fais pas du tout avec les chevaux. » Sachant je n’ai pas mon propre cheval. Peut-être, y a-t-il une question d’affect mal placé dans cette susceptibilité ? ou de possession (c’est le mien donc il doit être comme je le veux, comme j’en ai besoin pour qu’il me comble). Je sors pas mal des cases, et je me suis surprise à avoir ce comportement avec Merlin (mon chien) qu’on a eu avec moi et qui m’a fait tellement souffrir. A un moment de ma vie, j’ai dû (par la force des choses) arrêter d’essayer de convenir et revenir à qui j’étais réellement. C’est en reprenant ma place au milieu des chevaux et en constatant la patience, la tolérance et la douceur dont je peux faire preuve vis à vis d’eux et eux vis à vis de moi et de mon petit niveau d’équitation que j’ai pu remettre de la douceur dans ma relation avec mon chien, trouver et appliquer des solutions adaptées, à ce que je cherche avec lui, à son tempérament et à ses besoins. Et enfin, comme tu l’écris si bien, prendre ma responsabilité dans toutes les relations, ne plus être la victime, mais l’actrice de mes relations et de ma vie.
    Merci encore pour tes partages d’expérience et ta façon d’aborder les choses qui résonne souvent. C’est tout à fait le genre d’article qui me donne l’énergie dont j’ai besoin pour aller dans la direction à laquelle j’aspire.
    Au plaisir de te re relire,
    PS : Si je suis honnête, j’ai sûrement juger ton article en le lisant, je juge de manière généralement, mais à la grande différence d’avant, c’est que souvent, j’ai conscience que ce n’est qu’un point de vu et qu’il m’appartient et qui appartient au moment où je l’ai. Ne nous jugeons pas de juger 🙂

    1. Merci pour ton retour Cécile !
      Ah les chiens ! La rencontre avec Nehou a été forte en rencontre de miroirs ! XD
      Eux aussi participent grandement à nous faire grandir, si on accepte de voir les limites qu’ils nous renvoie <3

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