Ça ne mange pas de pain !

Dimanche dernier, lors d’un live coaching sur le groupe du challenge #RepasseTesGalops, nous avons parlé intention, attentes et exigences.
La problématique amené par une des cavalières ressemblait à : « Parfois, j’attends beaucoup de mon cheval, et comme nous n’y arrivons pas, je baisse les bras. Mais si j’en demande moins, j’ai le sentiment que nous allons stagner éternellement au même niveau. Comment savoir si je suis trop exigeante pour mon cheval ? »

Pour illustrer la réponse que je lui ai donné, j’ai raconté une drôle d’histoires de boulangerie …
La voici :

« Le pain croustillant est pour celui qui sait le chercher. » Proverbe Egyptien

Je veux acheter du pain. – C’est mon objectif avec mon cheval
Pour ça, je décide de me rendre dans une boulangerie. – C’est mon intention pour mon cheval
J’ai une petite idée du chemin mais je ne peux pas tout prévoir (ça peut prendre 3 minutes, ou 27 si je m’arrête discuter avec ma voisine !) – C’est le chemin que je dois emprunter avec mon cheval, qui dépend de notre forme physique, de notre moral, de nos capacités d’apprentissage, etc.

De retour de la boulangerie, je m’aperçoit que le pain est vraiment immonde !
Ma chère voisine (celle qui est bavarde) m’apprend que pour avoir du très bon pain, il faut aller 50 km plus loin !

Quatre options :
– J’accepte de manger du mauvais pain parce que c’est facile et rapide, il n’y a que quelques mètres à parcourir. – Je n’ai pas beaucoup de moyens (temps, argent, etc) à consacrer à ma progression et à celle de mon cheval, donc je suis ok pour que nous restions sur des choses basiques : je dépense mon énergie à me faire plaisir
Je continue d’aller à la boulangerie au près de chez moi, mais je passe mon temps à me plaindre du pain …Je n’ai pas beaucoup de moyen à consacrer à ma progression et à celle de mon cheval, mais je ne suis pas ok avec ça : je dépense beaucoup d’énergie à m’auto-saboter
Je fais 50km tout les dimanches matins pour acheter du bon pain : c’est long, difficile, mais je me donne les moyens de mes exigences. – Je dépense mes moyens et mon énergie dans ma progression et celle de mon cheval. C’est difficile, les résultats sont longs à venir, mais je suis ok avec ça.
J’arrête de manger du pain ! Je vends mon cheval ?

« De seule farine tu ne feras pas de pain. » Proverbe Russe

Il est très utile de prendre un vrai temps de recul (le coaching est une solution) pour faire le point :
– Quelles sont les compétences et capacités physiques et cognitives de mon cheval ? (Est-ce qu’il est en mesure de faire du bon pain ?)
– Comment je peux améliorer ses compétences et capacités ? (Echelle de progression de mon cheval)
– Quelles sont mes compétences et capacités ? (Est-ce que je peux/veux faire 50km pour acheter du pain ?)
– Comment je peux améliorer mes compétences et capacités ? (Echelle de progression de l’humain)

Le plus difficile (mais le plus utile) sera de réussir à bien voir tout les barreaux des échelles de progression !

Pour continuer dans l’imaginaire de la boulangerie :
– une échelle incomplète ressemblerait à « je sors de chez moi, je marche, j’entre dans la boulangerie »
– une échelle complète donnerai quelque chose comme « j’enfile mon manteau, je met mes chaussures et je fais mes lacets, je prends mes clés, je sors, je ferme la porte derrière moi, etc, etc, etc. »

Sauf que si je ne sais pas faire mes lacets (tout le monde ne s’appelle pas Franklin ! -ceux qui ont la ref, on maintenant aussi la chanson dans la tête !), je vais échouer des le départ !
(C’est là que l’image devient un peu moins pertinente …) Parce que comme je vais sortir pied nus, je vais me blesser, donc le trajet va mal se passer ; et en plus de manger du mauvais pain, je vais avoir vécu un moment désagréable !
Alors je vais me dire que j’ai été trop exigeante et je vais abandonner !

Si j’avais vu tout les barreaux de l’échelle, j’aurai travaillé mes lacunes !
J’aurai appris à faire mes lacets ! Et, très fière avec mes jolis nœuds, je serai aller acheter mon pain, plus tard (le temps d’apprentissage nécessaire) mais avec bien plus de plaisir !

Et si je ne veux pas me contraindre à apprendre à faire mes lacets, comme j’ai vu que la limite de ma progression se situait ici, je peux choisir d’enfiler des chaussures à scratch !


« Celui qui mange seul son pain est seul à porter son fardeau. » Proverbe Turcs

Est-ce que je vous ai perdu avec toutes mes histoires de pain et de boulangerie ?
Partageriez-vous votre prochain objectif avec votre cheval en commentaire ? En précisant votre exigences et votre échelle de progression ?

Et surtout n’oubliez pas : où que vous soyez sur votre échelle, vous trouverez toujours une ressource extérieure (humains, livres, etc) pour vous aider à monter sur le barreau suivant !
Il y a forcément au moins un moyen pour progresser !

Sarah

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