Comment bien s’auto-saboter ?

Je me suis surprise il y a quelques jours à m’enterrer dans le fond de mon canapé : après une journée bien remplie, j’ai fait le tour de mes pensées et j’y ai plongé à pieds joints !
Après quelques minutes, j’ai observé tout les pièges dans lesquels j’étais entrain de tomber, et je me suis décidé à prendre quelques notes pour écrire cet article. Parce que je reçois régulièrement des messages, quand vous avez le moral dans les chaussettes, et que vous avez besoin d’un coup de pouce ! Alors j’espère que cet article saura vous apportez quelques clés !

Le constat

J’étais dans le fond de mon canapé, avec la flemme de tout !
Je ne savais pas quoi faire, je n’avais envie de rien : et je me suis posé cette question magique, parfaite pour bien s’auto-saboter !

« Pourquoi je préfère me morfondre que d’avancer ?! »

Mon cerveau a rapidement enchaîner sur un bon monologue d’auto-sabotage !
 » Pourquoi j’ai toujours une énergie de m*rde ? Pourquoi je mange mal et j’ai la flemme de préparer de meilleur repas ? Pourquoi j’ai la flemme de bouger et de devenir vraiment à 200% celle que je voudrai être ? Pourquoi j’accepte encore de rien faire dans mon canapé ? Etc, etc, etc « 

Tu la connais bien cette capacité à t’en balancer plein la tronche, parfaitement gratuitement pendant de longues minutes ! Et bien, si tu en doutais, moi aussi, je la connais bien !

Mais, parce que même si quand je m’auto-sabote je veux me faire croire que je ne fais rien pour avancer, j’ai regarder ça pour pouvoir aller plus loin !

Les pièges
Piège 1 : Je ne regarde pas la réalité ; je regarde là où je peux m’auto-saboter !

Si je regarde la réalité de cette journée là :
je me suis levé à 6h, avec le soleil, pour profiter de la fraîcheur matinale pour partir en trotting avec Velga. J’ai bossé d’autres chevaux, puis j’ai enchaîné avec les séances. J’avais une énergie au top ! Hyper vivante, hyper pétillante, tellement agréable !
Puis il a fallu prendre la voiture et traverser la ville pour les séances suivantes. Et autant j’adore mes séances avec vous, autant je déteste faire de la voiture, même un petit quart d’heure, et surtout quand il y a du monde sur la route !
Et enfin, la journée s’est terminée avec un rendez-vous « compta » ! Et passer une grosse heure à discuter paperasse, ça ne me fait pas beaucoup vibrer !

Donc si j’avais regardé la réalité, j’aurai vu que la réalité c’est que travailler mes chevaux ou progresser avec mes élèves, ça me fait kiffer ! Mais que la voiture et la compta, ça me met le moral dans les chaussettes !
Le piège a été de laisser mon égo ne regarder que mes chaussettes !

Ce qui m’amène au point 2 :

Piège 2 : je tire des conclusions globales sur une situation instantanée !

C’est la grande force de l’auto sabotage !

-« Je suis quelqu’un de maladroit » : non, il y a des instants où tu n’es pas concentré sur ce que tu fais.
-« Je suis toujours fatiguée » : non, quand ce que tu fais ne te fais pas vibrer ton énergie reste basse.
-« Je suis peureuse à cheval » : non, tu n’as pas les clés pour te sentir en sécurité.
-« Je ne sais jamais quels exercices faire avec mon cheval » : non, tu n’as pas suffisamment éclairci ce que tu voulais obtenir pour pouvoir construire une progression intéressante pour toi et ton cheval
-« Je ne sais pas dire non » : non, tu ne sais pas encore que poser un cadre ajusté à toi est bénéfique pour tout le monde
-« … »

Je pourrai citer des tonnes d’exemples (Partage les tiens en commentaires pour qu’on avance ensemble sans auto-sabotage ! 😉 )
Observe que dans tout les cas :
– La proposition de base est énoncé comme une vérité, contre laquelle on ne peut rien et qui ne changera jamais !
– La contre proposition n’exclut pas la réalité du moment : mais elle ouvre sur un nouveau regard pour avancer !

Quand on observe la proposition de base, on ne peut rien faire d’autre que subir ce que l’on est !
Quand on observe la contre proposition, il ne nous reste qu’à prendre la décision de rester dans cette situation inconfortable, ou de changer !

Piège 3 : Je m’enfonce dans la recherche du « pourquoi » (qui sera forcément erroné puisque je ne regarde pas la réalité …) plutôt que de regarder ce que je veux !

Mes cavaliers se sont habitués depuis le déconfinement à cette nouvelle petite phrase :
« Ok, mais qu’est-ce que tu veux ?! »

Tu peux passer des heures à te demander pourquoi tu squattes le fond de ton canapé ? Pourquoi tu n’es pas au top de ta forme ? Pourquoi tu as mal au coude droit dès que tu te retrouve en repas de famille ? Pourquoi ton cheval a toujours peur de la bâche devant laquelle il passe 7 fois par jour ? Pourquoi la terre est ronde ? Et pourquoi la vie ?!

Et alors ?! Il se passera quoi une fois que tu auras la réponse ? Si seulement tu parviens à l’obtenir ?!
Spoiler alert : il ne se passera rien !
Il ne se passera rien tant que tu ne sais pas ce que tu veux !

Faire le constat de ce que tu ne veux plus, c’est ok ; mais ça n’a d’intérêt que si tu regardes ce que tu veux !

Si je prend l’exemple « Pourquoi je ne suis pas au top de ma forme ? » :
Qu’est-ce que je veux ?
– Un corps hyper musclé, hyper fort, compact et puissant : alors je vais opter pour des heures de renforcement musculaire et un régime protéiné !
– Un corps souple, agile et endurant pour profiter de mes journées en légèreté : alors je vais opter pour des étirements et du cardio, et supprimer le sucre/ le gluten / les produits laitiers de mon alimentation !
– Être toujours à l’écoute de mon corps pour savoir quand il faut que je me repose ou au contraire quand je peux y aller plus intensément : alors je vais opter pour des sports doux qui me reconnecte à moi même, et une alimentation au plus près de mes besoins en fonction des saisons et des périodes de ma vie que je traverse.
– …

Pour le même constat (« Je ne suis pas au top de ma forme), j’ai des milliards de décisions de changement possibles !
Si je ne regarde pas ce que je veux, je ne peux pas prendre cette décision !
Si je cherche seulement à comprendre pourquoi je ne suis pas au top de ma forme, soit je ne prendrai pas de décision de changement, soit je prendrai une décision un peu au hasard, sans être branché à ce qui me fait vibrer au fond de moi ! (par exemple, je pourrai décider de faire des nuits plus longues … complètement à côté de la plaque pour me redonner de l’énergie, si mes journées ne me font pas vibrer !)

Piège 4 : Je me déresponsabilise en me disant que tout ira mieux quand le contexte aura changé

Dans notre auto-sabotage interne, pour bien continuer de ne pas avancer, on finit souvent par un « ça ira mieux quand … »

Quand mon cheval sera à la maison ; quand il fera beau ; quand j’aurai acheté ma selle ; quand je ne serai plus célibataire ; quand j’aurai changé de travail ; ou dans mon cas, quand je serai installée sur ma structure …

La réalité c’est qu’il y aura probablement des choses qui s’arrangeront, qui seront plus facile à vivre. Mais ton habitude d’auto-sabotage, ton énergie basse, tes émotions envahissantes seront toujours là !

Tu peux commencer à avancer dès maintenant ! Même si les conditions ne sont pas optimum, tu as du pouvoir (et très certainement bien plus que tu ne le crois) !

Qu’est-ce que je veux ?

Une fois que j’ai regardé mon auto-sabotage, une fois que j’ai observé les pièges dans lesquels je tombais, j’ai regardé ce que je prenais comme décision pour avancer vers ce que je veux.
Un petit florilège de cette liste, non pas pour que vous faisiez les mêmes choix, mais simplement pour que vous puissiez observer que ça ne demande pas des efforts insurmontables : ce sont juste des petites décisions, des petites étapes, des petits changements pour avancer vers la meilleure version de moi même !

  • Me lever avec le soleil et écouter les besoins de mon corps
  • Reposer sur le papier mes objectifs à très long et court terme, pour pouvoir avancer plus vite et plus efficacement
  • Regarder les instants d’énergie basse, et interroger ce que j’aimerai faire précisément à cet instant qui serait le plus adapté pour moi, pour faire un pas de plus vers la meilleure version de moi-même (comme écrire cet article par exemple)
  • Créer un espace chaque semaine, bien défini, de courses/cuisine : pendant lequel je prends le temps de réfléchir à des repas équilibrés et qui me font plaisir, et je prépare ses repas à l’avance pour ne pas manger que des pâtes au beurre à chaque fois que je rentre tard de mes séances ou que la journée a été trop fatigante pour se mettre en cuisine.
  • Je limite les grandes tournées à une fois par semaine, et je les accompagne systématiquement d’une journée complète de repos (pendant laquelle je fais absolument ce que je veux, qui n’est pas forcément de ne rien faire)
  • Je télécharge des podcasts et des musiques à écouter dans la voiture, pour ne pas m’énerver contre la radio, en zappant toutes les 3 minutes, parce qu’il y a trop de publicités …
  • Je m’applique à poser beaucoup d’attention sur ma conduite : se concentrer sur soi et retrouver toutes les bonnes habitudes apprises à l’auto-école m’évite de perdre patience face aux autres conducteurs et génère moins de stress.
  • Etc, etc, etc

Toutes ces petites actions ne sont pas de grandes révolutions !
Le but est de regarder ce qui me convient ou ce qui ne me convient pas dans mon quotidien. Puis d’agir pour qu’il ne m’épuise pas mais qu’au contraire, il me permette chaque jour d’avancer vers la meilleure version de moi-même !

Je suis toute la journée en Mayenne demain pour une grande tournée : je verrai tout de suite lesquelles de ces actions payent tout de suite, lesquelles ont besoin de plus de temps pour être bien intégrées, et lesquelles ne m’apporte rien ! (mais après une semaine, je vois déjà les changements !)

Je serai curieuse de savoir ce que tu retiens pour toi de cet article. Et j’adorerai aussi que tu nous partage ici quelques petites actions que tu décides de mettre en place dès aujourd’hui pour avancer vers ce que tu veux pour toi.

Sarah

Laisser un commentaire